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Cas de Martine Magdeleine, 31 ans: l’enquête du MC initié une année après la plainte des proches

Le président du MC « Nous attendions des documents de la clinique concernée et nous avons dû avoir recours à un Judge’s Order»

Les dirigeants du Medical Council (MC) se félicitent d’avoir pu, durant ces deux derniers mois, boucler des enquêtes pour une quarantaine de plaintes venant du public, et dont certaines datent de 2016. En revanche, celle concernant le décès d’une femme d’une trentaine d’années survenu en août de l’année dernière à la suite de complications pendant une intervention chirurgicale dans une clinique privée a tout juste démarré. « Ce n’est que récemment que la clinique concernée par ce cas de négligence alléguée nous a donné tous les documents nécessaires pour que nous puissions démarrer notre enquête », affirme ainsi le Dr Shyam Parmessur, président du Medical Council. Et d’ajouter : « Nous avons dû avoir recours à un Judge’s Order pour obtenir ces documents. »

Les proches de Martine Magdeleine, la patiente décédée à l’âge de 31 ans, sont toujours bouleversés par cette disparition subite et désemparés face à ce retard de plus d’une année pour initier cette enquête. « Nous avons déposé une plainte auprès du Medical Council immédiatement après le décès de Martine et le Medical Council nous a appelés pour la première fois il y a deux semaines », dit au Mauricien Erol Magdeleine, un proche.
Du côté de la police de Moka, où une déposition a été consignée, c’est également le statu-quo. Toute enquête policière est tributaire de celle du Medical Council. De quoi accabler davantage les proches. « Aussi longtemps que l’on nous gardera dans le flou sur ce qui s’est réellement passé dans la salle d’opération de la clinique, nous ne pourrons pas faire notre deuil. C’est une situation très dure à vivre pour la famille. C’est une grande souffrance », confie Erol Magdeleine au Mauricien.

Pour rappel, cette jeune femme est décédée des suites de graves complications durant la phase de l’anesthésie pour une intervention chirurgicale aux amygdales dans une clinique privée, où elle est arrivée dans la matinée du 4 août. Quelques heures après son admission, elle avait été transférée d’urgence dans un hôpital pour recevoir le traitement nécessaire. Elle a rendu l’âme quelques jours après. Un an après son décès, ses proches ne connaissent toujours les causes des complications et de la détérioration de son état de santé alors qu’elle se trouvait dans cette clinique.

Interrogé au sujet de la plainte de la famille Magdeleine, le président du Medical Council affirme que le comité d’enquête a déjà été institué et que cette instance fera diligence. « Le maillon faible a été les difficultés pour obtenir les documents auprès de la clinique alors que nous avons obtenu rapidement de l’hôpital tous les rapports concernant l’état dans lequel se trouvait cette patiente quand elle y est arrivée ainsi que le traitement qu’on lui a prodigué jusqu’à son décès.

À présent que nous avons les documents de la clinique, nous allons écouter toutes les parties concernées par cette affaire. Nous ne prendrons pas une année pour faire connaître nos conclusions », rassure-t-il.

Actuellement, le Medical Council est en présence de 29 autres plaintes de négligence médicale.