Le bureau de l’Audit avait fait ressortir dans son rapport l’année dernière que Rs 22,7 M, collectées par les Northern District Headquarters de la police, « n’avaient pas été mises en banque ». Or, ce manque à gagner, issu des revenus concernant des licences de port d’armes et des paiements de certificat de bonne et vie et mœurs, entre autres, est passé à Rs 33,7 M en novembre 2018. Ce chiffre a augmenté bien qu’il fasse l’objet d’une enquête au sein du CCID depuis avril 2015.

L’une des raisons expliquant une hausse du montant de la fraude alléguée est que des centaines de reçus de paiement n’ont pas été inscrits dans le “Cash Book”. Si le policier, exerçant comme “revenue clerk”, a été suspendu depuis 2015, il continue néanmoins à percevoir ses salaires avec un paiement de Rs 1,01 M (jusqu’à octobre 2018), et ce sans compter ses “rent allowances” évaluées à Rs 41 242. Comme 40 mois sont déjà écoulés depuis l’éclatement de l’affaire et que l’enquête policière est toujours en cours, le bureau de l’Audit demande au CCID de compléter le dossier “without any delay”.

Sur un autre registre, la police a été épinglée pour la sous-utilisation du Crime Occurrence Tracking System (COTS), qui a coûté Rs 385,3M à l’État. Pourtant, ce système est un outil informatique « efficace » pour localiser un dossier criminel du poste de police jusqu’au bureau du prosecteur. Outre les Rs 142,4 M dépensées pour la maintenance des équipements, 8 500 policiers ont reçu des cours de formation sur l’utilisation du COTS. Cependant, les dossiers sont toujours suivis manuellement au lieu d’un simple clic. À noter que les 1 200 ordinateurs et imprimantes, valant Rs 96 M, sont la plupart du temps éteints. En outre, des policiers se plaignent de « la lenteur » du logiciel et, selon eux, certains équipements « sont défaillants ». Face à cette critique de l’Audit, les Casernes centrales ont déclaré que le COTS « will take a long way for its full operational activities ». Soulignons que la première phase de ce projet a été lancée en novembre 2012.

Concernant les contraventions, 210 000 cas étaient en suspens à fin juin 2018 avec des procès en justice dont les informations et documents étaient introuvables. De plus, les entrées ne sont pas effectuées dans les “Occurrence Books”. Face à cette situation, la police ne reçoit pas une manne d’argent important en termes de revenus, se basant sur le fait qu’un contrevenant paye une amende d’un minimum de Rs 1 000.

Par ailleurs, plusieurs offres d’achat d’équipements pour la police, tels des casques, pardessus, couvertures et chaussures, comportent des manquements et erreurs au niveau  du “tender”. Ainsi, il fallait refaire de nouvelles offres en mentionnant les spécificités des équipements. Entre-temps, le stock de ces objets est passé au rouge. Concernant l’acquisition du “Remontely Operated Vehicule” pour Rs 14,3M, qui n’a jamais été utilisé en raison des défauts au niveau de l’appareil, le bureau de l’Attorney General a référé l’affaire au tribunal de l’arbitrage pour obtenir un remboursement. Ledit véhicule devait être utilisé en cas de menace à la bombe.