Sept femmes font partie des 170 nouvelles recrues du Mauritius Fire and Rescues Service, une grande première pour cet organisme. Neelamsing, Amisha, Sandra, Rachelle, Vanita, Sarita et Pehrine ont le verbe facile, la détermination et l’envie de prouver qu’il n’y a pas de métier destiné uniquement aux hommes. Leur training ayant démarré, elles parlent de sentiment d’honneur et de la vocation de sauver des vies.
Motivation, persévérance, passion, volonté émanent de ces sept recrues toutes désireuses de prouver qu’on a eu raison de les choisir. Elles sont Neelamsing Jhingoor, Amisha Kehlary, Sandra Labonne, Rachelle Marie, Vanita Hurkhoo, Sarita Roopsing et Pehrine Bannoo. La démarche souple et agile, elles se disent prêtes à assumer leur mission. Pas l’ombre d’une quelconque peur ou de phobie sur leurs visages. Leur rêve : commencer au plus vite le travail sur le terrain, être les premières à braver les incendies, à aider des personnes victimes d’accidents de la route et autres… Rachelle Marie, 25 ans, attend son premier enfant. « Être enceinte, ce n’est pas un problème. Je suis consciente des responsabilités qui m’attendent. Étant mariée à un policier, je suis apte à mieux comprendre les disciplines exigées par le métier. Le training se passe très bien et l’enfant que je porte évolue dans un cadre où il y a cette human touch. Donner la vie, c’est aussi apprendre à sauver d’autres vies. »
Un autre regard sur la vie
Neelamsing Jhingoor, 27 ans, a travaillé comme réceptionniste en Irlande. Son père étant décédé, elle a voulu se mettre au service des autres. « Être pompière, c’est aussi apprendre à combattre ses frayeurs. Pour l’instant, on est encadré pour bénéficier d’un solide entraînement qui consistera ensuite à travailler sur des points clés comme les incendies, les inondations ou autres glissements de terrains. Ce métier est comme une remise en question. Une façon de comprendre comment on parvient à sauver une vie et à apporter du réconfort aux autres. » Ces recrues ne se laissent nullement intimider, elles ont des arguments solides et justifient leur choix de ce métier par son côté humanitaire.
Sandra Labonne, 26 ans, est à sa deuxième participation. « J’avais postulé une première fois mais ma demande n’avait pas été retenue. » Ayant d’abord exercé le métier de policière, elle dit qu’elle a appris le côté discipline et social. « Il faut être aventurière dans l’âme, aimer les défis. Moi, j’aime faire des escalades et je suis curieuse d’apprendre. Il faut prendre chaque épreuve de manière positive. » Amisha Kehlary, 24 ans, s’est inspirée de son père pour embrasser une telle carrière. « C’est un métier où on est appelé à durer. On s’inspire des autres et on forge notre propre caractère. » Vanita Hurkhoo, 22 ans, parle de la différence qu’une femme apporte dans ce métier. « Quand on répond à l’appel des gens en détresse, il faut qu’on soit prête soi-même. Notre courage, en tant que femmes pompières, on le puise de l’engagement pris. On se doit de venir en aide aux autres. »
Sarita Roopsing, 27 ans, vient d’une famille nombreuse et son père, dit-elle, exerce le noble métier de jardinier. « Mon père a à coeur la culture des plantes. Ce travail lui a permis de faire grandir sa famille et d’aider mon frère de devenir ingénieur. Quand je vois son sacrifice et son travail, dont il a fait son sacerdoce, je me dis que c’est l’exemple à suivre. Le métier de pompier est dans la même mouvance et nous aide à construire notre personnalité, et à avoir un autre regard sur la vie. »
Pehrine Bannoo, 21 ans, la plus grande des sept, parle d’un souhait devenu réalité. Leur maxime, selon Neelamsing : « On est des femmes de tout terrain, appelées à combattre sur tous les fronts. Ce n’est pas le maquillage qui fait la beauté, être femme pompière c’est un appel du coeur. On est belle de l’intérieur comme de l’extérieur. »