Plusieurs syndicats défendant les intérêts des fonctionnaires menacent d’avoir recours à des manifestations pacifiques très bientôt si le rapport du Senior Adviser du Premier ministre, Dev Manraj, sur les Errors and Omissions et autres anomalies découlant du rapport du PRB publié en octobre 2012, n’est pas rendu public cette semaine. « Nous voulons le rapport original de M. Manraj, pas un rapport amendé », a clairement fait ressortir Rashid Imrith, président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public (FSSP), tandis que Radhakrishna Sadien, président de la State Employees Federation (SEF), trouve inquiétante la démarche du ministère des Finances, avant d’insister « qu’on doit faire confiance à M. Manraj. »
Pour M. Sadien, le retard dans la publication de ce rapport serait compréhensible « si nous étions encore à la fin de mars dernier, lorsqu’il y a eu les inondations meurtrières. » « Cela a trop duré maintenant. La frustration gagne les fonctionnaires, surtout ceux au bas de l’échelle et les travailleurs moyens », fait-il ressortir, tout en estimant que « pli rapor la tarde, pli li pou kre ban spekilasion. » S’agissant des changements qui sont apportés au contenu du rapport, comme confirmé par le Premier ministre Navin Ramgoolam, lors d’une fonction officielle vendredi dernier, le président de la SEF affirme que « bizin kone ki sanzman pe amene. » Il insiste, cependant, pour que le rapport soit publié cette semaine. « Au cas contraire, ce sera la déception parmi les fonctionnaires. Nous n’écartons pas la possibilité d’une manifestation cette semaine », ajoute M. Sadien.
Au Mauritius Labour Congress (MLC), le président Haniff Peerun réclame que le rapport de M. Manraj ne soit pas modifié. « Le PM et les syndicalistes ont tous fait confiance à M. Manraj. Alors, pourquoi modifier son rapport ? » s’interroge-t-il. D’ailleurs, soutient-il, « le PM nous avait dit qu’il allait appliquer in toto les recommandations du rapport. » Selon M. Peerun, M. Ramgoolam avait reconnu, lors d’une rencontre avec les syndicalistes, « ki ena linzistis, sirtou pou bann o pli ba de lesel. » Il déclare que le MLC veillera à ce que justice soit faite à ces derniers. M. Peerun réclame également que les recommandations de ce rapport soient implémentées à partir de janvier 2013, comme cela a été le cas pour le rapport du PRB.
Le président du MLC indique qu’il a déjà commencé la mobilisation de ses affiliés pour toute action qui s’imposera cette semaine. « Nous prévoyons une manifestation et aussi un go-slow dans la Fonction publique si le rapport ne satisfait pas les fonctionnaires », poursuit-il. Mais toujours est-il que M. Peerun n’est pas favorable à la confrontation. Il dit croire dans le dialogue et la négociation. « Nous ne voulons pas que le pays demeure dans une tension permanente », déclare-t-il.
Pour sa part, le président de la Government Hindi Teachers Union (GHTU), Suttyhudeo Tengur, estime que c’est le ministère des Finances qui a fait perdre au gouvernement les dernières élections municipales. « Il rend le gouvernement de Navin Ramgoolam impopulaire en voulant modifier le rapport de M. Manraj », dit-il. Pour lui, c’est une stratégie politique bien calculée de la part de Xavier-Luc Duval et de Ali Mansoor pour rendre le Premier ministre impopulaire parmi son électorat. « Nous savons tous que les fonctionnaires représentent l’électorat du Parti travailliste », fait-il ressortir.