Loin des clichés bibliques de la pêche miraculeuse, où les filets étaient remplis jusqu’à presque se déchirer, les pêcheurs de Poste-de-Flacq, que Week-End a suivis cette semaine, ont regagné la terre ferme avec une très maigre prise. Que se passe-t-il dans nos lagons à l’Est ? Les pêcheurs pointent du doigt les activités balnéaires et touristiques comme les principales causes de l’appauvrissement de nos lagons. Un véritable cri de détresse. Récit d’une partie de pêche vécue…
Lorsque nous avons accompagné, jeudi, ces pêcheurs de Poste-de-Flacq pour une partie de pêche à la senne, nous pensions retrouver les clichés d’une pêche colorée, fructueuse et folklorique. Ce sont pourtant de nombreuses interrogations qui ont marqué cette journée, tout comme ces mots d’un jeune pêcheur de 20 ans à peine : « Le lagon s’est considérablement appauvri… » Et pourtant la période de mars à octobre est la plus attendue par les pêcheurs à travers l’île : la pêche à la senne est ouverte. Le moment pour ces hommes de la mer de « recouvrir » toute une année. « C’est notre véritable ressource », lâche Alain Hardy, responsable d’une coopérative de pêche à Poste-de-Flacq. France Bassy, pêcheur chevronné et notre accompagnateur, se lance dans un chapelet de doléances. Des griefs qui suscitent chez lui colère et désespoir, dont nous ne comprendrons le sens réel qu’une fois en mer.