Le leader du Front Solidarité Mauricienne (FSM) Cehl Meeah a lancé le « Mouvement minorité 57 » à l’occasion du rassemblement de son parti à Phoenix hier, dans le cadre de la fête du Travail. Ce mouvement renvoie à un pourcentage représentatif de ce qu’il appelle trois « minorités communautaires » de Maurice, à savoir les chrétiens, les musulmans et les tamouls.
Cehl Meeah estime inacceptable que le système électoral continue à se baser sur un recensement vieux de 40 ans pour l’attribution d’un siège correctif à telle ou telle communauté au parlement. Selon lui, les dernières statistiques révèlent que les chrétiens représentent 33 % de la population, les musulmans, 17 % et les tamouls 7 %. À elles seules, poursuit-il, ces trois minorités constituent une majorité. Il est d’avis qu’il est tout à fait injuste que « seuls 25 % de la population aient le droit et la possibilité d’accéder au poste de Premier ministre dans ce pays parce qu’ils sont issus de la communauté Vaish ». Il invite tous les Mauriciens à se joindre au FSM et au Mouvement minorité 57. Il prend l’engagement de travailler pour toutes les minorités du pays et de se battre pour un droit égal à tous. Au sein de ce nouveau mouvement, Cehl Meeah affirme que son objectif est de militer pour qu’il y ait une répartition équitable du pouvoir au sein de l’Assemblée législative, la fonction publique ou la police, pour ne citer que ceux-là. « Pour bann hindous qui pe souffert, zot pas en deor sirkui », lance-t-il en estimant que les trois quarts de la population hindoue ne font pas partie de l’élite ni au sein du Mouvement socialiste militant (MSM) ni au sein du Parti travailliste (PTr).
Le leader du FSM a affirmé que c’est son devoir de travailler pour le peuple. Il est d’avis que le Premier ministre Navin Ramgoolam et le leader de l’opposition Paul Bérenger travaillent pour leur propre personne, chacun lorgnant le pouvoir au lieu de travailler pour le peuple. « Il y a eu des tractations entre Paul Bérenger et Navin Ramgoolam avant les élections de 2010 pour venir à bout du MSM et pour que les deux hommes puissent bénéficier des postes constitutionnels de leader de l’opposition et de PM avec tous les privilèges qui y sont attachés ». Il note d’ailleurs que Paul Bérenger a fait partir Sir Anerood Jugnauth de son poste de président de la République en ravivant le Remake 2000 avant de le laisser tomber.
Le leader du FSM a eu une pensée spéciale pour des syndicalistes qui défendent les droits des travailleurs et pour les 30 000 étrangers qui travaillent à Maurice. Il a déclaré injuste que les capitalistes s’accaparent toutes les richesses créées par les travailleurs qui eu n’ont qu’un salaire de misère. À la demande de Cehl Meeah, ses sympathisants ont observé une minute de silence en mémoire aux personnes qui sont décédées dans l’exercice de leurs fonctions. Le leader du FSM a aussi rendu hommage au journaliste Dharmanand Dhooharika qui a mené son combat jusqu’au bout. Condamné à la prison par la Cour suprême de Maurice, le journaliste avait fait appel au Privy Council et dans leur jugement, les Law Lords ont annulé cette sentence.