Tout en concédant que l’accueil du premier groupe de pirates somaliens présumés par les Seychelles pour être jugés est un premier pas dans la lutte contre la piraterie dans l’océan Indien, le ministre seychellois des Affaires étrangères Jean-Paul Adam a déclaré hier qu’il est important qu’un post trial transfert agreement soit signé avec la Somalie pour que les pirates purgent leur peine dans leur pays. C’était à l’issue d’une session de travail avec son homologue mauricien Arvin Boolell à son bureau. Celui-ci devait affirmer que les Seychelles et Maurice travaillent de concert à ce sujet.
La piraterie n’est pas le problème d’un seul pays, affirme Jean-Paul Adam. Il souligne que deux tiers du pétrole mondial passe par l’océan Indien. Selon le ministre seychellois des Affaires étrangères, il fallait trouver une solution pour « aret limpunité bann pirat. Pa kapav aret zot san konsekans. Il fallait un système pour pouvoir les poursuivre lorsqu’ils sont arrêtés. Nous apprécions le soutien de Maurice sur la scène internationale pour dire que les petits États insulaires de l’océan Indien ne peuvent assumer toute la responsabilité. Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale y compris pour la construction des prisons ». Jean-Paul Adam précise cependant que « nou pa kapav gard pirat dan prison à lon term. Si nou fer prose pirat li inportan ki ena enn post trial transfert agreement pou avoy zot dan prizon Somalie ».
Le ministre seychellois indique que la remise des « 19 pirates aux autorités seychelloises pour être jugés est un vrai turning point dans la lutte contre la piraterie ». Selon lui, il est important que « l’on continue à travailler ensemble sur cette question ». Il souligne que « la menace qui pèse sur l’océan Indien a pour conséquence une hausse continue des prix du pétrole et des commodités ».
Le ministre Arvin Boolell devait abonder dans le même sens en rappelant que l’industrie thonière est aussi affectée par la piraterie. Maurice s’approvisionne aux Seychelles, souligne-t-il.
Lors de leur rencontre, les deux hommes ont passé en revue la récente conférence à Londres sur la Somalie. M. Boolell affirme que les discours des deux chefs d’États mauricien et seychellois étaient complémentaires. « La lutte contre la piraterie est une lutte que nous devons gagner », dit-il. Et de souligner que tous les pays se sentent concernés. « Il y a une harmonisation dans cette lutte », avance-t-il, avant de noter que de gros moyens sont mis en oeuvre dans ce combat. Il soutient aussi que la solution de juger les pirates par les Seychelles est intérimaire et que la question doit être prise au plus vite par la communauté internationale pour donner les moyens à la Somalie pour que les pirates puissent y purger leur peine.
Depuis 2011, les Seychelles ont modifié leur législation pour permettre de poursuivre des pirates arrêtés au-delà de leurs eaux territoriales. Jusque-là, il a souvent été difficile de traduire en justice des pirates capturés par des navires étrangers patrouillant dans le golfe d’Aden ou dans l’océan Indien.