La présidente de la République a regagné le pays dimanche après avoir participé la semaine dernière à la conférence internationale organisée par le Planet Earth Institute sur le thème « Mobilizing science and technology for sustainable development in Africa : Towards a new agenda for new times ». Dans son keynote speech prononcé à cette occasion, Ameenah Gurib-Fakim a souhaité que les Africains ne se contentent pas d’être des consommateurs de connaissance mais en deviennent des producteurs.
En marge de cette conférence, Ameenah Gurib-Fakim a rencontré sir David King, représentant permanent spécial du gouvernement britannique pour le changement climatique. Il a été question, entre autres, de la prochaine conférence de Paris sur le changement climatique. La présidente de la République a souhaité que cette conférence tienne en ligne de compte les petits États insulaires en développement et de la nécessité que ces derniers puissent faire entendre leurs voix. Les petits États insulaires, bien que n’étant pas des générateurs de pollution, en sont les premières victimes et sont les plus menacés par le réchauffement climatique en raison de la montée des eaux. Ameenah Gurib-Fakim a insisté sur la nécessité de les aider à s’adapter à la situation nouvelle et d’avoir accès à l’aide financière prévue dans le cadre du Climate Fund de manière à ce qu’ils puissent financer des projets comme le « coastal reef management ». « Maurice est très disposée à travailler avec la Communauté internationale afin de mitiger les effets du changement climatique », a-t-elle insisté.
Ameenah Gurib-Fakim s’est également entretenue avec le président de la Chambre des communes, John Bercow.
Dans son discours prononcé au Ravensbourne College à Londres à l’occasion de la Planet Earth Institute conférence, la présidente a insisté sur le fait que l’Afrique connaît actuellement la croissance économique la plus élevée au monde avec un taux annuel de croissance de l’ordre de 5 à 6 % selon la Banque mondiale. « A commodities boom, improved governance, sound macroeconomic fundamentals, commitment to reform and new resource discoveries have all contributed to this robust growth trend, helping to reverse 20 years of economic decline that began in the 1970s and 1980s », observe-t-elle.
L’Afrique dispose également d’une population très jeune dont la moyenne d’âge tourne autour de 18 ans. « Je suis convaincue que la transformation économique du continent passe obligatoirement par l’éducation supérieure qui doit être au centre des débats sur le développement. Plus de 50 % de la population du continent a moins de 25 ans et onze millions de jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année », a fait remarquer Ameenah Gurib-Fakim.
« It is now time to build diversified and competitive economies », a-t-elle insisté. Elle s’attend à ce que cette croissance économique soutenue soit accompagnée d’une réduction du taux aussi bien de la pauvreté que des inégalités et d’une augmentation des opportunités pour une prospérité partagée du continent.
Ameenah Gurib-Fakim constate également que l’urbanisation de l’Afrique va créer de nouveaux défis pour l’alimentation de la population à travers une meilleure production agricole, entre autres.
Pour la présidente de la République l’accent doit désormais être mis sur l’éducation supérieure. « The contents of University studies and the skills needed to enter the job market and contribute to Africa’s growth and development should also be revamped. Unfortunately, the University systems in many African countries still reflect the legacy of our colonial past – even though several countries have been independent for over 50 years », remarque-t-elle.
La présidente déplore que trop d’accent soit mis sur la formation des administrateurs et des fonctionnaires et non pas sur les disciplines scientifiques. Elle considère également que les femmes sont sous-représentées dans des professions et des cours consacrés à la science et à la technologie. « Le peu de femmes qui ont été formées ont quitté le continent à travers la fuite des cerveaux », dit-elle. « Harnessing new technologies, promoting Research and Development, translating academic research through entrepreneurship, appropriate IP are all ways and means of promoting productivity, employment opportunities and the ability to move up the production value chain. Yet, to achieve this enhanced productivity, the Science and Technology gap must be bridged imperatively », souligne-t-elle.
Finalement, Ameenah Gurib-Fakim souligne la nécessité de réinventer la manière de faire des affaires en Afrique en s’inspirant de ce qui se fait sur le plan international.