Le dossier de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) franchit une étape importante aux États-Unis. Le Sénat américain a, en effet, adopté le projet de loi H. R. 6500, qui prévoit de prolonger ce régime commercial préférentiel jusqu’au 31 décembre 2028, et ce, sans modification des conditions actuellement en vigueur. Le texte doit toutefois encore être examiné par la Chambre des représentants en raison des amendements apportés par le Sénat.
Le ministre de l’Industrie, Aadil Ameer Meea, salue une avancée qui devrait apporter davantage de visibilité aux entreprises locales exportant vers les États-Unis. « Nous accueillons très favorablement le fort soutien bipartisan exprimé au Congrès américain en faveur de la prolongation de l’African Growth and Opportunity Act », dit-il. La Chambre des représentants avait déjà approuvé H.R. 6500 à une large majorité, avec 340 voix contre 54. Le texte prévoit notamment le maintien jusqu’en 2028 des dispositions importantes pour le secteur de l’habillement, dont le mécanisme du Third-Country Fabric, ainsi que l’application rétroactive du traitement préférentiel aux importations éligibles intervenues après l’expiration de l’AGOA.
Le vote du Sénat constitue néanmoins une étape, et non l’aboutissement du processus législatif. « En raison de ces amendements, le texte devra être à nouveau examiné par la Chambre des représentants avant que le processus législatif puisse être finalisé », précise Aadil Ameer Meea, qui suit ces développements de près. La Chambre étant actuellement en période de travail dans les circonscriptions pour le mois d’août, ce nouvel examen est attendu à sa reprise en septembre, poursuit le ministre de l’Industrie.
Pour Maurice, l’enjeu est particulièrement important compte tenu du poids des activités manufacturières destinées à l’exportation. « La poursuite de l’AGOA revêt une importance particulière pour notre secteur manufacturier tourné vers l’exportation, notamment le textile et l’habillement. » Mais au-delà du maintien des préférences commerciales, la prolongation devrait surtout permettre aux entreprises de mieux planifier leurs activités et à leurs clients américains de bénéficier d’un environnement plus prévisible. « Elle permettra également d’offrir davantage de visibilité et de prévisibilité à nos exportateurs mauriciens ainsi qu’à leurs clients américains », estime-t-il.
Parallèlement, le gouvernement entend élargir le cadre des relations commerciales avec Washington. « Notre engagement avec les États-Unis va au-delà de l’AGOA », indique le ministre, évoquant les discussions en vue d’un Agreement on Reciprocal Trade (ART) et l’établissement d’un cadre commercial bilatéral plus large. L’objectif affiché est « d’assurer à Maurice un accès prévisible et durable au marché américain », tout en créant de nouvelles opportunités pour les entreprises locales et en consolidant le partenariat commercial et d’investissement entre nos deux pays.

