Le Chief Operations Officer de Extrupet Ltd, Chandru Wadhwani, estime qu’il y a de la place pour agrandir ses activités de recyclage des PET à Maurice car la population consomme davantage de bouteilles en plastique et qu’il faudra bien tout recycler afin de ne pas remplir les centres d’enfouissement très vite. Extrupet Ltd est une entreprise sud-africaine qui est la maison mère de Polypet Recyclers, située à The Mount, et en opération depuis 2005.
« Nous collectons mensuellement une centaine des 250 tonnes de bouteilles en plastique utilisées à Maurice. Nous avons le potentiel d’agrandir notre entreprise et collecter davantage mais notre problème est l’accès à ces bouteilles », a lancé M. Wadhwani, lors de la visite à son usine d’une délégation des participants africains et américains à la conférence sur la gestion des déchets solides qui a lieu cette semaine à Maurice. Il fait ressortir que le tri des déchets représente un grand défi, tant pour le gouvernement que pour les entreprises de recyclage et les embouteilleurs. « On doit éduquer la population sur l’importance du tri des déchets à la maison », dit-il. Actuellement, ces bouteilles collectées sont broyées en flocons et exportés vers l’Afrique du sud et le Nigeria où ils entrent dans la production des fibres utilisées par l’industrie du textile et ainsi qu’à d’autres fins. La majeure partie de ces fibres finit en Europe qui est un très grand marché pour ces produits. Ce qui a fait dire à un ministre sud-africain : « The Europeans are sleeping on our rubbish and they pay us for it. »
Cette entreprise de recyclage a démarré ses activités au Nigeria ; puis, l’industrie des boissons gazeuses l’a fait venir en Afrique du sud et elle s’est retrouvée également à l’île Maurice. « On nous a dit que Maurice avait un gros problème d’environnement à cause de ces bouteilles de plus en plus utilisées par l’industrie touristique. Mais le problème à Maurice est le trop faible volume des PET mais Extrupet Ltd devait faire quelque chose car ses clients en Europe posaient des questions sur ce produit. Ils s’intéressaient davantage au développement durable », déclare M. Wadhwani.
Polypet Recyclers démarra ainsi ses activités en 2005 à Solitude avec une collecte de 10 tonnes mensuellement tandis qu’en Afrique du sud Extrupet Ltd faisait dans les 2 000 tonnes. Elle collecte maintenant une centaine de tonnes grâce au soutien de l’industrie d’embouteillage sans laquelle ce projet, selon M. Wadhwani, ne serait pas viable. Elle est située maintenant à The Mount, avec un point de collecte à Camp Fouquereaux. Cette entreprise emploie une soixantaine de personnes à plein temps et environ 900 collecteurs travaillent indirectement pour elle. « Alors qu’on peut mécaniser le recyclage, on ne peut en faire autant de la collecte qui se fera toujours manuellement. Des emplois sont ainsi créés tout en enlevant ces bouteilles de notre environnement », dit-il. Polypet Recyclers a collecté environ 5 000 tonnes de ces bouteilles depuis son lancement il y a sept ans, soit environ 150 millions de bouteilles. Sans elle, ces bouteilles auraient terminé leur vie à Mare-Chicose. « Plus on collecte les bouteilles, plus on crée des emplois », souligne notre interlocuteur. Selon lui, l’île Maurice est en avance sur l’Afrique de l’Est qui vient de démarrer cette entreprise. Les Africains ont les mêmes problèmes que les Mauriciens et ils sont venus apprendre ici.