Le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, pense déjà à sa réélection aux prochaines élections générales. Pour cela, il s’engage à trouver des emplois pour les Mauriciens affectés par le chômage alors que des entreprises étrangères opérant à Maurice recrutent une main-d’oeuvre étrangère. « Je veux être réélu, et pour cela, je veux que vous recrutiez des Mauriciens. Mon pays a besoin d’emplois, formez la main-d’oeuvre mauricienne et je vous donne les permis nécessaires. Je vous en donnerai davantage si vous les recrutez », a déclaré le ministre, à l’adresse des directeurs et autres responsables d’entreprises chinoises opérant à Maurice, hier après-midi lors d’une réunion de travail à Port-Louis.
Cette rencontre se voulait être une plateforme où les entreprises chinoises peuvent faire connaître leurs doléances et les difficultés qu’elles rencontrent dans l’exercice de leurs opérations à Maurice car, selon l’ambassadeur chinois à Maurice, Li Li, ses compatriotes « font face à de nouveaux défis à Maurice qui dépassent le cadre des relations historiques entre les deux pays. » M. Mohamed leur a dit qu’il veut d’un système où un grand nombre de Mauriciens puissent obtenir des emplois. A une question d’un représentant de Sinohydro, Zhang Bo, à l’effet qu’il y aurait un manque de main-d’oeuvre sur le marché local, le ministre a annoncé la création d’une base des données en ligne qui leur permettrait de trouver ceux qui cherchent des emplois et aussi aux employeurs de poster les emplois disponibles dans leurs entreprises respectives. « Si vous ne les trouvez pas, nous allons vous les offrir. Si vous voulez qu’on forme les Mauriciens, pas de souci pour nous. Nous allons le faire et même leur verser une allocation mensuelle pendant leur formation », leur a dit le ministre. Gao Jinhai, représentant de Tianli Construction, a suggéré la mise en place d’un système permettant aux grandes entreprises chinoises de travailler avec des petites entreprises mauriciennes qui, elles, « will deal with the local workers. »
A une autre question de M. Bo, au sujet du recrutement de la main-d’oeuvre d’un pays tiers, le ministre a répondu que les Chinois qui viennent travailler à Maurice sont sans reproche « mais, nous n’allons pas empêcher les entreprises étrangères de faire venir des travailleurs des pays qui se trouvent sur la liste du gouvernement mauricien. Il n’y a, donc, aucun problème si vous recrutiez des Bangladeshis ou autres, mais certains emplois nécessitent des travailleurs chinois », a-t-il souligné, avant de laisser le choix aux entreprises chinoises. M. Mohamed leur a aussi annoncé que son ministère publiera bientôt un petit livret en différentes langues à l’intention des travailleurs étrangers sur les lois du travail en vigueur à Maurice ainsi que sur les questions liées à la santé et la sécurité au travail, sans oublier l’hébergement. Il a aussi annoncé la mise en place d’une nouvelle plateforme en ligne pour l’obtention des permis de travail pour les étrangers, suite à une question du représentant de Beijing Construction, Chen Yua.
Auparavant, M. Mohamed a dit aux représentants des entreprises chinoises que si Maurice a réussi sur le plan économique, c’est grâce aussi à la contribution des pays étrangers, dont la Chine. « Nous remercions la Chine et les travailleurs chinois pour leur contribution dans la construction de notre pays », a-t-il déclaré.