La Banque de Maurice annonce le lancement, depuis le début de cette semaine, d’un programme lui permettant d’assurer une gestion effective des liquidités dans le système bancaire. Après un premier exercice effectué lundi dernier, qui lui a permis de stériliser un montant de Rs 3 milliards, la banque centrale indique que des opérations similaires seront menées à l’avenir afin de stériliser un montant additionnel de Rs 20 milliards d’ici fin décembre prochain.
Fortement préoccupée par la situation d’excès de liquidités dans le circuit bancaire (selon une évaluation couvrant les deux semaines se terminant au 30 avril 2015, le montant s’élevait à Rs 16,3 milliards), la banque centrale indique que, depuis le 20 janvier dernier, elle a effectué plusieurs interventions sur le marché des devises en vue de stériliser l’équivalent en roupies et empêcher que la situation ne s’aggrave davantage. Suite à ces interventions, la BoM avait pu stériliser un montant de Rs 3,8 milliards sous forme de dépôts en roupies placés par les banques commerciales auprès de la banque centrale.
Intensifiant sa lutte contre l’excès de liquidités, la BoM a mis à exécution, depuis le lundi 18 mai 2015, un programme de gestion effective des liquidités. Des titres à maturité de trois ans (Three-Year Bank of Mauritius Notes) ont été proposés au marché avec pour résultat la stérilisation d’un montant de Rs 3 milliards. Le rendement moyen sur ces offres acceptées était de 2,76%, contre 2,5% lors d’un exercice semblable effectué le 22 avril dernier. Les autorités bancaires soulignent qu’elles ne vont pas s’arrêter là et envisagent de lancer des opérations similaires en vue de stériliser un montant additionnel de Rs 20 milliards d’ici la fin de l’année. La BoM fait ressortir que les émissions de nouveaux titres dépendront des réactions du marché en matière de structure des taux d’intérêt et de l’évolution de la situation concernant l’excès de liquidités.
Dans un communiqué publié hier, la BoM observe qu’une réduction graduelle du volume d’excès de liquidités permettra au taux d’intérêt à court terme de prendre la bonne direction. En agissant ainsi sur les taux d’intérêt à court terme, les autorités bancaires seront en mesure d’influer positivement sur la structure des taux d’intérêt pratiqués par le marché.
Lors de sa dernière réunion tenue en avril dernier, le comité de politique monétaire de la BoM avait noté que la persistance d’une situation de fort excès de liquidités dans le système bancaire « continued to depress money market interest rates ». Le gouverneur de la BoM, Ramesh Basant Roi, avait fait pour les membres du MPC un survol du cadre opérationnel de la politique monétaire, mettant l’accent sur l’absence de rapport entre le taux directeur décidé par le MPC et les taux d’intérêt pratiqués par les opérateurs du marché. Ramesh Basant Roi avait fait remarquer que l’excès de liquidités affectait les taux de rendement sur les placements dans les titres émis par le gouvernement.
Lors d’un point de presse suivant la tenue de la réunion du MPC, Ramesh Basant Roi avait évoqué le problème au niveau du mécanisme de transmission des changements apportés au taux directeur aux autres taux (à l’épargne et à l’emprunt) pratiqués sur le marché. Lorsque le taux directeur est revu à la baisse, la réduction n’est pas reflétée comme il se doit au niveau du taux à l’épargne ou celui à l’emprunt pratiqué par le marché. « Cette situation est due au problème d’excès de liquidités dans le marché », avait fait ressortir le gouverneur.  
La BoM, avait-il poursuivi, allait revoir la situation en venant de l’avant avec un programme de stérilisation graduelle de l’excès de liquidités dans le marché. « Nous avons un plan. Nous allons parallèlement réduire le ratio des réserves obligatoires (cash ratio) que les banques doivent mettre de côté. Nous allons étudier comment les taux d’intérêt évolueront en conséquence. Nous nous attendons à ce que le niveau d’excès de liquidités s’amenuise », avait indiqué Ramesh Basant Roi.
La direction de la banque centrale avait, dans la même foulée, fait comprendre que l’émission de nouveaux titres pour éponger l’excès de liquidités comportera un coût énorme pour la banque centrale, mais que cette dernière était prête à relever le défi dans le but d’assainir la situation monétaire.