Après SOS Patrimoine, qui s’est élevé contre la démolition de ce bâtiment datant du 17e siècle, c’est au tour de la Port-Louis Development Initiative (PLDI) de prendre position sur cette affaire. Dans un communiqué émis hier, Gaëtan Siew et Jean-Claude de l’Estrac disent regretter la disparition de cet édifice, qui a été le « lieu privilégié de la formation de l’élite mauricienne ».
Le président de la PLDI, Gaëtan Siew, avait formulé des contre-propositions aux autorités pour éviter la destruction de ce bâtiment situé rue Edith Cavell, révèle le communiqué. La PLDI ne cache donc pas sa stupéfaction d’avoir appris qu’on procédait à la démolition de la School. « Les contre-propositions n’ont pas retenu l’attention des autorités, qui ont exécuté leur projet dans des conditions qui ignorent totalement les bonnes pratiques en matière de protection du patrimoine », regrettent les signataires du communiqué.
La PLDI rappelle que c’est dans cet édifice, construit au 17e siècle, et qui figurait parmi les plus anciens bâtiments de cette époque, « où furent formés les penseurs de notre siècle ». L’endroit, connu comme l’ancien Collège Royal de Port-Louis, a en effet pu compter parmi les élèves de l’époque de nombreuses personnalités, notamment politique, de l’histoire de Maurice. Il est ainsi considéré qu’avec cette nouvelle démolition, « nous effaçons les traces de notre histoire, nous oublions notre passé et nous perdons notre identité ». Et d’ajouter : « C’est l’originalité  de notre pays qui cède la place à l’uniformité. » La PLDI fait aussi ressortir que le remplacement des édifices faisant partie du patrimoine par un « visuel plus moderne, qui projette au premier abord une image de progrès, de succès et d’innovation », n’est en fait qu’une reproduction des « solutions occidentales et étrangères, sources d’uniformités architecturales ».
La PLDI déplore « la négligence et l’indifférence », qui détruisent le patrimoine. Et de faire ressortir que l’architecture et l’urbanisme « sont de véritables albums illustrés qui racontent une histoire ». Elle plaide également pour : « Une structure unique qui exprime notre richesse historique et culturelle, qui suscite un profond sentiment d’adhésion et une fierté universelle. Qui souligne notre spécificité, renforce la qualité de notre destination touristique et stimule la diversité culturelle de notre environnement. »