Les diplomates qui sont au fait des tractations de coulisses de l’Organisation Internationale de la Francophonie sont d’avis que la partie est « mal engagée » pour Maurice dans sa course pour obtenir le poste de secrétaire général de la francophonie pour Jean Claude de l’Estrac qui fait actuellement office de secrétaire général de la Commission de l’océan Indien.
Une des premières choses qui fait tiquer les proches du dossier c’est la lettre signée du « Dr » N. Ramgoolam, adressée le 11 février dernier au secrétaire genéral de l’OIF en fin de mandat, Abdou Diouf dont la rédaction est, selon eux, « un scandale en terme de charabia. » S’il fallait se baser sur cette correspondance pour arrêter une liste de candidats potentiels, celle de Jean Claude de l’Estrac aurait été d’emblée rejetée.
Il y est question de « courants contradictoires de la massification culturelle », de la langue française et de son « Esprit » curieusement écrit avec un capital au beau milieu de phrase, de « l’étoile est de la clef de la mer de Indes » pour ne citer que quelques unes des énormités relevées dans ce courrier officiel adressé au secrétaire général de la francophonie. C’est à se demander si le postulant de l’Estrac, connu pour être généralement bien pointilleux sur le français tant écrit que parlé, a vu cette prose d’État avant qu’elle ne soit expédiée au siège de l’OIF à Paris.
Les autres faits qui ne plaident pas pour notre compatriote est que ce n’est que maintenant que le ministre des Affaires Étrangères, Arvin Boolell annonce une « stratégie de campagne » en faveur de l’élection de Jean Claude de l’Estrac. Il y a aussi la façon dont Maurice célèbre la Francophonie, laquelle est surtout marquée par l’absence, la dernière en date étant la chaise vide de Maurice au 2e forum mondial des femmes francophones qui s’est tenu les 3 et 4 mars derniers à Kinshasa au Congo.
Autre  point faible  de la candidature mauricienne, c’est que le poste convoité par Maurice est généralement dévolu à un ancien président ou un ex-Premier ministre et que le postulant, lui, n’a été qu’un ancien ministre quand bien même il enregistre de bons états de service.
Face à de l’Estrac, une candidate déclarée: Michaelle Jean, chancelière de l’Université d’Ottawa, originaire de Haïti, qui a été Gouverneure Générale du Canada de 2005 à 2010. La candidature de Jean Claude de l’Estrac étant acquise, il reste maintenant au gouvernement mauricien de tout faire pour que celui qui est présenté comme « le candidat de l’océan indien » réussisse à obtenir le poste.
Mais lorsqu’on sait que le Pm avait choisi Davos plutôt que la cérémonie d’investiture du nouveau Président de Madagascar, il y a, à l’évidence, de gros efforts à fournir pour faire aboutir la campagne en faveur du candidat mauricien.