Ce 13 septembre marque la Journée mondiale des Premiers secours. Dans ce contexte, la Croix-Rouge de Maurice se mobilise en organisant une série d’activités, dont la signature d’une entente avec le site masanté.mu en vue de mieux promouvoir les gestes qui sauvent et encourager le public à se former aux premiers secours. “Héros des Premiers secours dans les situations d’urgence comme dans la vie courante.” Tel est le thème sur lequel se focalise la campagne de la Journée mondiale cette année.
« Face à un accident du quotidien ou à une catastrophe naturelle, chacun est potentiellement un héros. Ce héros, c’est peut-être vous ! Il est essentiel que chacun prenne conscience du rôle primordial qu’il peut avoir dans la chaîne de secours afin d’augmenter les chances de survie du plus grand nombre. » C’est ce que met en relief Oormeela Jawaheer, présidente de la Croix-Rouge à Maurice. « Un accident se déroule n’importe où. Si on peut sauver une vie autour de nous, c’est déjà beaucoup », ajoute-t-elle. Plus qu’un acte d’apprentissage, selon elle, la formation aux premiers secours est « un acte d’humanité ». D’autant que l’organisation ne tient pas compte des communautés ou des croyances religieuses des personnes avant de leur porter secours. « Même s’il arrivait que notre pays soit en guerre avec un autre, nous demeurerions neutres et nous viendrions au secours de tout blessé qui se présenterait à nous. C’est notre neutralité qui nous ouvre la porte partout ! » souligne Mme Jawaheer. C’est pendant la IIe Guerre mondiale que la British Green Cross Society s’implante à Maurice en vue d’aider les blessés, selon la présidente. Par la suite, l’organisation devient autonome, en décembre 1973, et est connue comme la Mauritius Red Cross Society. Depuis, ses principaux axes d’intervention sont la préparation, la réponse aux catastrophes et la santé.
Mais qu’est ce que le secourisme ? « C’est connaître les premières techniques d’aide qui sauvent avant l’arrivée des secouristes. Par exemple, chaque année, des enfants meurent par étouffement en avalant une graine de letchi. Il est important de connaître les gestes à adopter dans de telles situations », explique le Disaster Management Coordinator Navin Mahadoo.
Concerts et pèlerinages
La formation aux premiers secours de la Croix-Rouge de Maurice touche divers types de public, allant des individus aux entreprises en passant par des Ong et établissements scolaires. « La formation est gratuite aux membres du public, aux Ong et aux autres associations, mais payante pour les entreprises », indique Navin Mahadoo. « Nous assurons également des postes de secours lors d’événements tels des concerts, des activités de “team building” ou des pèlerinages. Cette année, à l’occasion du 150e anniversaire de la mort du Père Laval, nous avons eu une équipe de 14 bénévoles sur place, parés à toute éventualité », ajoute notre interlocuteur. Ainsi, mardi dernier, à Sainte-Croix, « trois personnes ont été admises à l’hôpital avec l’aide de notre organisation ». L’objectif des formations consiste par ailleurs à vulgariser les bons gestes à adopter avant un événement public. « Par exemple, un diabétique doit savoir quoi faire avant d’entamer un pèlerinage. »
La Croix-Rouge de Maurice compte une vingtaine d’employés à plein-temps. Quant aux secours, l’organisation compte sur des volontaires qui donnent de leur temps libre pour se former et apporter leur aide là où on a besoin d’eux. « Nous avons 450 membres volontaires répartis en deux catégories, soit les 11 à 25 ans et les plus de 25 ans. Lorsqu’on est sollicité pour un événement public, on leur envoie des messages par sms, e-mail ou sur Facebook, et ceux qui sont disponibles reviennent vers nous. » Un Junior Group vient d’être lancé, recrutant des volontaires de 7 à 11 ans, selon Mme Jawaheer. « Un enfant de 7 ans est assez mature pour pouvoir intervenir et peut, par exemple, mettre la main d’une personne sous l’eau en cas de brûlure ou appeler le Samu en cas de besoin. »
Deux types de formation sont dispensées : la première étant un cours de 8h sanctionné par un certificat de participation et valide pour une année et la seconde, un cours de 18h ponctué par un certificat valable trois ans. La première formation vise « davantage les artisans et les employés d’usine, à qui on veut inculquer des réflexes de base à avoir en cas d’accident ».
Canal Dayot
Navin Mahadoo fait ressortir que l’organisation est l’unique Ong du pays à faire partie du National Disaster Risk Reduction and Management Committee. Il cite l’exemple des “flash floods” du 30 mars 2013, où la Croix Rouge de Maurice a prêté main-forte aux pompiers. « Nos membres ont aidé la SMF à évacuer l’eau. Nous avions une cinquantaine de bénévoles postés en permanence à Canal Dayot. On y a assuré la distribution de vivres et de vêtements. Toutes nos branches étaient restées ouvertes pour recevoir des dons. On avait reçu 500 fours d’une entreprise », renchérit Mme Jawaheer.
Autres exemples d’intervention de la Croix-Rouge de Maurice : l’épidémie du chikungunya, les inondations à Mongoût en 2008, la grippe H1N1 ou encore l’accident de Sorèze. « Nous avons mené des campagnes de sensibilisation », dit le Disaster Management Coordinator. De plus, suite à un désastre, il n’est pas rare que la Croix-Rouge assure un soutien psychologique aux personnes et aux familles touchées. Elle dispose par ailleurs toujours d’un stock de provisions pouvant dépanner dans des situations difficiles.
Le 18 décembre prochain, la Croix-Rouge de Maurice célébrera son 41e anniversaire et, en 2016, Maurice sera le pays hôte à la Conférence panafricaine du mouvement de la Croix-Rouge, à laquelle devraient participer 54 pays africains. Pour renforcer son réseau de bénévoles, l’organisation procède en outre actuellement à un « recrutement massif » auprès des étudiants et membres du personnel de l’Université de Maurice. « Souvent, les employés n’ont pas de temps libre à consacrer au volontariat. Donc, nous essayons de cibler les jeunes et les retraités. » L’appel est lancé aux potentiels héros…