La famille des surveillants affectés au Mauritius Prison Service s’agrandit. Hier après-midi au Training Centre de la prison de Beau-Bassin, 13 femmes ont été récompensées pour avoir achevé leurs six mois de formation. Cette cérémonie s’est déroulée en présence de Jean Bruneau, Commissaire des Prison, de Doreen Fong Weng-Poorun, directrice de cabinet aux Affaires intérieures au bureau du Premier ministre et de William Cullen, conseiller pénitentiaire du Counter Piracy Programme de l’United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC). À cette occasion, Mme Fong Weng-Poorun a évoqué les grandes lignes des projets du gouvernement en vue d’améliorer le système pénitentiaire dans son ensemble.
Dans son discours de circonstance, Doreen Fong Weng-Poorun a fait comprendre aux récipiendaires que 2013 est une année importante pour le service pénitentiaire qui est appelé à connaître des changements importants. D’abord, avec l’ouverture de la prison de haute sécurité à Melrose. Prévue pour le mois d’août, cette prison qui accueillera quelque 700 détenus prévoit une « state-of-the-art technology » pour améliorer la gestion et la sécurité des prisons. La convention des droits humains sera prise en considération, dit Doreen Fong Weng-Poorun, qui énumère les dispositifs mis en place afin d’assurer la sécurité de cet établissement : « Des barrières de haute sécurité, un système de gestion de haute sécurité et de fibre optique, 652 caméras de vidéo surveillance et un système de brouillage de téléphone cellulaire ». Et d’annoncer dans la foulée : « We shall have the keyless mode for the geriatric Ward and critical doors in the administration building on a pilote basis. A special transitional team is being trained to manage this prison ».
Projet de construction
Deuxième annonce faite à cette occasion : la construction d’une nouvelle prison pour les pirates somaliens, d’un montant de Rs 41 M et d’une nouvelle « open prison » pour femmes à proximité du Correctional Youth Centre. Les travaux, qui ont déjà commencé, devront prendre fin avant 2015. Les autorités compétentes prévoient « a different management style » et les détenues sélectionnées auront plus d’autonomie. « Ce projet fait partie du programme mis en place par le gouvernement pour prévenir la récidive ».
Rs 32 M seront également destinées au E-Prison project qui sera implémenté avec la collaboration du gouvernement indien. Ce projet, qui sera également achevé en août, a pour objectif de permettre la création d’une base de données pour les détenus, une « biometric authentication of each prisoner, computation of sentence and controlled registration of inmates ; have a centralised query based system for prisoners, keep track of earnings paid to prisoners… ». Le système prévoit de plus un nouveau système de radio communication, qui sera mis en place avec la collaboration des services de police. Jean Bruneau, Commissaire des prisons, a dans son discours de circonstance rappelé les objectifs de la formation des officiers de la prison. « They have been exposed to relevant legislations, United Nation charters and processes relating to Treatment of offenders ». Les 13 femmes qui ont reçu leurs attestations hier après-midi, dit-il, ont bénéficié d’une formation en matière en traitement des délinquants. Six d’entre elles bénéficieront d’une formation en Australie dans ce domaine bientôt, et les autres intégreront la Correctional and Emergency Response Tean (CERT). Cette initiative cadre avec les efforts du gouvernement qui travaille actuellement à l’amélioration du service pénitentiaire. Grâce à cette formation, les nouvelles recrues pourront procéder à des interventions musclées en cas de dérapage à la prison des femmes.
Interrogé par Le Mauricien, William Cullen a fait une synthèse des propositions qui figurent dans le plan d’action proposé au gouvernement dans le cadre de la réforme pénitentiaire. Il soutient qu’un travail d’accompagnement et de prise en charge des ex-détenus est important afin de réduire la récidive. « Ce sont les chiffres qui effraient le plus ici à Maurice. 85 % des prisonniers mauriciens reviennent en prison pour avoir commis de nouveaux délits une fois relâchés. C’est très inquiétant et l’île Maurice n’est pas une bonne élève dans ce domaine, surtout lorsqu’elle est comparée aux pays africains », soutient-il.