Les trois présumés meurtriers de Marie Ange Milazar, en l’occurrence Dietmar Kinsley François, Ricardo Perrine et Jonathan Thomas, ont comparu en Cour d’assises ce matin. L’homme de loi de Kinsley François, n’étant pas en possession des briefs du procès, a formulé une demande pour que l’affaire soit renvoyée à une date ultérieure. Le procès prendra le 24 juin devant le juge Benjamin Joseph. Kinsley François, Ricardo Perrine et Jonathan Thomas répondent de trois actes d’accusation, soit assassinat, viol et sodomie. Marie Ange Milazar, prostituée enceinte de huit mois, avait été retrouvée morte sous un pont à Port-Louis.
Dietman Kinsley François, alias Canard, âgé de 18 ans au moment du meurtre de Marie Ange Milazar, a retenu les services de Me Rashid Daureeawoo. Ricardo Perrine, plus connu comme Edley, et Louis Jonathan Thomas, alias Cadenas, sont quant à eux représentés par Mes Miraj Sahib et Luximon, respectivement. Les trois hommes sont toujours détenus à la prison de Beau-Bassin.
L’homme de loi de Kinsley François a informé ce matin en cour d’assises, le juge Benjamin Joseph qu’il n’était pas en possession des briefs du procès. L’ouverture du procès a ainsi été fixé au 24 juin.
Les faits remontent au 6 novembre 2009. Marie Ange Milazar, prostituée de 42 ans et enceinte de huit mois, se trouvait alors aux abords du Jardin de la Compagnie à Port-Louis quand trois jeunes de Tranquebar se sont approchés d’elle. Sous la menace, cette mère de famille leur aurait remis les Rs 350 qu’elle avait en sa possession.
Les trois hommes se serait montrés violents par la suite. Ils auraient aussi forcé Marie Ange Milazar à les suivre, d’abord sous le pont du Ruisseau du Pouce, puis sous le pont de la rue Labourdonnais.
Après avoir abusé d’elle à tour de rôle, les trois hommes auraient cherché à connaître le noms des filles qui opéraient dans les environs ce soir-là. Une fois l’information obtenue, ils auraient étranglé Marie Ange Milazar. Après s’être assurés qu’elle était morte, ils se seraient mis à la recherche d’autres prostituées. Ils devaient par la suite retourner sous le pont, afin de faire disparaître le corps de la prostituée.
À la police, Canard avouera même : « Nou ti anvi ouver so ventre pu guet tibaba-la ! ». Le cadavre de Marie Ange Milazar a été découvert le lendemain sous le pont du Ruisseau du Pouce. Selon l’autopsie effectuée par les Drs Maxwell Monvoisin et Salim Saïb, Marie Ange Milazar a été étranglée à mort, à l’aide de son propre châle (ligature strangulation), mais elle a, au préalable, subi les pires sévices. Après avoir ligoté ses pieds et ses mains avec des sacs en plastic et des fils de raphia, ses agresseurs l’ont violée, l’ont sodomisée, lui ont lardé le dos, la poitrine et le ventre à l’aide de deux couteaux et probablement par des tessons de bouteille et l’ont rouée de coups de pieds et de poings. Elle a aussi été brûlée avec une cigarette à différentes parties du corps. Apparemment, les trois hommes voulaient se venger des prostituées en leur faisant subir les pires sévices et les pires avanies. C’est parce qu’elle se prostituait et qu’elle faisait le plus vieux métier qui les aurait rendus séropositifs que ces jeunes de Tranquebar auraient agressé Marie Ange Milazar.