Paul Bérenger juge « choquantes et dangereuses » les conditions d’attribution du contrat de production de 10 MW d’énergie photovoltaïque pour le compte du Central Electricity Board (CEB) à la société Sarako. Il réclame la publication d’une correspondance adressée par Yamei Energy, partenaire chinois initial du promoteur mauricien, Seetaram dans ce projet de même que l’Energy Supply Agreement signé avec le CEB, ainsi que l’annotation qui lui a été annexée « en catastrophe », selon le leader historique du MMM.
Faisant l’historique du projet de production d’énergie photovoltaïque, Paul Bérenger rappelle qu’en mars 2011, le Central Electricity Board (CEB) lançait l’appel d’offres y relatif pour une production de 10 MW d’électricité. Il souligne que, par mesure de précaution, il avait été convenu que cinq unités de production de 2 MW réparties à travers l’île allaient générer cette production globale de 10 MW.
Paul Bérenger ajoute qu’à la même époque, le gouvernement et le CEB décidaient de ne plus accepter des « unsollicited bids ». Le Board of Investment (BOI), souligne-t-il, informa, en conséquence, les investisseurs éventuels de cette décision. Le leader historique du MMM ouvre, à ce stade, une parenthèse pour préciser que l’Union Européenne (UE) qui s’est opposée au projet CT Power est, en général, contre les « unsollicited bids ».
Or, soutient-il, le CEB aurait reçu « l’ordre », le 24 avril 2012, de considérer une « unsollicited bid ». Il explique, à cet effet, que même si le choix n’avait pas encore été fait entre les trois sociétés qui avaient coté, les parties concernées avaient convenu que le prix de l’énergie qui allait être vendue au CEB allait être de Rs 6.06 l’unité. Il explique que, parallèlement, la société Sarako qui avait, elle, initialement, coté Rs 7.50 l’unité a finalement accepté d’aligner son offre sur Rs 6.06 l’unité.
Sarako : « Menaces de poursuites »
Paul Bérenger explique encore que Yamei Energy, partenaire chinois du promoteur mauricien, Seetaram dans Sarako, jugeant, finalement, l’affaire non-viable a décidé de se retirer du projet. C’est ainsi que, selon M. Bérenger, toujours, le promoteur mauricien se serait tourné vers un autre partenaire allemand, Tauba Solar. Le leader historique du MMM allègue, à ce stade, que le mercredi 15 mai dernier, Yamei Energy aurait écrit au CEB pour accuser le promoteur mauricien « d’escroquerie » avec menaces de poursuites.
Paul Bérenger soutient que tout cela a créé un vent de panique au CEB qui a dû solliciter l’avis légal du State Law Office (SLO). Il rappelle que, lors d’une cérémonie socioculturelle, dimanche dernier, 19 mai, le Premier ministre, Navin Ramgoolam a, quand bien même, « donné sa bénédiction » au projet Sarako « tout en flattant son ministre transfuge ». Il allègue encore que, le lendemain, alors même que l’Energy Supply Agreement avait, déjà été préparé, une annotation lui a été annexée « en catastrophe » pour préciser que le CEB se décharge de toute responsabilité en cas de poursuites de la part de la société chinoise.
Paul Bérenger, qui soutient que l’accord a finalement été signé le 21 « sur ordre du gouvernement », juge toute cette affaire « choquante et dangereuse ». Il réclame la publication de la correspondance du partenaire chinois initial, Yamei Energy dans le projet Sarako adressée au CEB de même que l’Energy Supply Agreement signé ainsi que l’annotation qui lui a été annexée. Paul Bérenger croit savoir que les nouveaux partenaires allemands du promoteur Seetaram, « qui ne sont pas des imbéciles », n’auraient investi que pour une hauteur de 15% dans le projet.
Soulignant le fait que ce projet nécessitera de grosses dépenses, le leader historique du MMM lance une mise en garde, en ce sens, au CEB. S’il qualifie de « bouffon » le président du Conseil d’administration de la corporation, Paul Bérenger est d’avis que le CEB comprend, néanmoins, « de très bons cadres qui ne sont pas prêts à porter le chapeau ». Aussi demande-t-il à ce que tout soit consigné « par écrit » autour de ce dossier et que l’on évite de « prendre des ordres par téléphone » dans la mesure où, dit-il, « il y aura des comptes à rendre ».
Le leader historique du MMM revient, par ailleurs, sur le Declaration of Assets Act. Il rappelle, à ce propos, que, lors des débats sur le New Local Government Act en 2011, la Section 5 du Declaration of Assets Act qui stipulait que les ministres et les députés devaient rendre publics leurs avoirs avait été abandonnée « en catimini ». Alors que, dit-il, en réponse à une interpellation du député MMM, Reza Uteem, mardi, le Premier ministre a laissé entendre qu’un nouveau Declaration of Assets Bill est prêt.
« Emmanuel décidera, de lui-même, s’il s’engagera »
Paul Bérenger estime que la déclaration des avoirs des élus ne sera pas, de nouveau, incluse dans la législation « à en juger par le ton du chef du gouvernement », selon lui. Il dit « dénoncer » cela en promettant que, de nouveau au pouvoir, son parti s’en chargera. Le leader historique du MMM situe toute cette question avec, pour toile de fond, l’affaire Cahusac, en France, pays où, dit-il, le président, François Hollande, s’emploie à étoffer la loi pour la déclaration des avoirs des élus.
Paul Bérenger réitère, enfin, qu’il se rend, de nouveau, à Paris vers la mi-juin pour prendre connaissance des résultats préliminaires de son traitement contre un cancer à l’amygdale gauche. Il confirme qu’à son retour vers le 20 juin, il reprendra, pleinement, le leadership du MMM en précisant que la question de sa succession ne se pose pas. Il précise, de même, que c’est au mois de septembre qu’il décidera s’il reprendra son siège à l’Assemblée nationale, au moment où il sera complètement fixé sur son état de santé. Il se dit, néanmoins, optimiste.
Quant aux supputations autour de l’engagement de son fils, Emmanuel en politique au sein du MMM, le leader historique de ce parti explique qu’il n’a jamais été question, de sa part, d’exercer des « pressions » sur ce dernier pour qu’il s’engage au sein du MMM. « Il décidera, de lui-même, sans aucune pression, si, un jour, il doit s’engager activement au sein du parti. Ce sera, alors, au parti de décider de son rôle éventuel sans aucune pression de ma part ». Paul Bérenger assure aussi qu’à aucun moment, ces derniers temps, le nom d’Emmanuel Bérenger n’a été évoqué « ni au Bureau Politique ni au Comité central » comme son éventuel remplaçant dans la circonscription de Stanley/Rose-Hill.
Prenant la parole ensuite, Alan Ganoo met en garde le Conseil d’administration de la Tertiary Education Commission (TEC) ainsi que le ministre de l’Enseignement supérieur, Rajesh Jeetah par rapport au traitement du cas du directeur de cette commission, Praveen Mohadeb. Alan Ganoo rappelle que le directeur de la TEC a été trouvé coupable par un comité disciplinaire présidé par une magistrate de la Cour intermédiaire pour les trois chefs d’accusation retenus contre lui. « Dans la mesure où des négociations sont en cours entre le board et Praveen Mohadeb, nous demandons que l’avis émis par le State Law Office (SLO) soit, scrupuleusement, respecté », déclare Alan Ganoo qui prévient que l’opposition reviendra, éventuellement, à la charge sur cette affaire.