Après l’échec de leurs tentatives d’amener la Cour suprême à émettre un ordre d’injonction pour que cessent les travaux de construction d’un restaurant sur la plage publique de Trou-aux-Biches, c’est maintenant vers le tribunal d’appel de l’environnement (Environment and Land Use Appeal Tribunal — EAT) que Vivian Roland Nicol Marie-Jeanne et Michaël Noël Jacky Alexandre se tournent. À cet effet, ils ont fait déposer vendredi une motion d’appel devant l’EAT.
Les raisons de l’appel sont : 1) il n’y a pas eu de soumission de rapport de l’Environment Impact Assessment (EIA) ce qui serait, soutiennent-ils en violation des lois actuelles ; 2) le promoteur Suryadeo Sungkur, qui est aussi connu comme le pandit Sungkur, n’a pas notifié le lieu précis où il comptait lancer son projet, ce qui serait contraire à la loi ; 3) l’érection d’un tel bâtiment sur le site choisi par le promoteur causerait de sérieux problèmes de congestion dans l’aire de stationnement aux appelants et au public en général et violerait leur droit constitutionnel de jouir du confort dans leurs loisirs ; et 4) le projet risque de causer un tort immense à l’écosystème. Les appelants ont retenu les services de Me Ghanshyamdas Soni Bhanji.
En attendant, le spectacle de désolation perdure avec au beau milieu de la plage publique un bâtiment en construction. Après les fouilles, il y a eu des travaux de bétonnage. Le recours des protestataires en justice ayant essuyé un échec — le juge Hajee Abdoola ayant rejeté la demande d’injonction des deux appelants qui habitent cette localité du littoral —, ils ne baissent pas les bras. « Nous avons perdu une bataille, mais pas la guerre », disent-ils.
« Enough is enough ! Nous n’allons pas laisser passer les choses. C’est injuste. Les plages appartiennent à tous les Mauriciens. Pa kapav deproklam sa di zour o landimin ek donn ti kopin. Morisien bizin reazir ! » C’est l’appel lancé par les habitants du Nord, surtout de ceux de Trou-aux-Biches et Mont Choisy, deux sites sujets à l’accaparement pour des projets commerciaux au détriment du public.
Plusieurs habitants de Trou-aux-Biches font ressortir que depuis quelques années, cette plage dont l’espace est restreint, est source de toutes les convoitises. « Est-ce parce que la plage fait partie du fief du Premier ministre que ses proches estiment avoir tous les droits ? », s’interrogent-ils.