L’invitation à se rallier à Rezistans ek Alternativ est lancée. Hier, Ashok Subron a lancé un appel à la classe des travailleurs et à la jeunesse pour se joindre au combat de ce mouvement de gauche en faveur d’une nouvelle République.
Les partis politiques traditionnels sont dépassés, estime Ashok Subron, qui intervenait au rassemblement syndical organisé par la General Workers Federation (GWF), Rezistans ek Alternativ et Cares au stade Nelson Mandela, Résidences Vallijee, à l’occasion du 1er mai. Subron souhaite ainsi une alliance avec les travailleurs et la jeunesse qui réclament une nouvelle République. Faisant la leçon au PTr, au MMM et au MSM, Ashok Subron n’a pas hésité à lancer lancer une pique en direction des dirigeants de ces trois formations politiques : « Nou pas pou fer ek defer lalians… Ziska zordi pas koner ki sannnla pou marier pou prosen eleksyon ». Ashok Subron s’est en effet prononcé en faveur d’une réforme électorale qui viendrait à bout du système communal et du « system larzan ki pe koromp democracie ».
Dévoilant les grandes lignes des propositions de son parti, Ashok Subron propose que le droit économique et social soit inscrit dans la Constitution de la République de Maurice. Il propose qu’entre deux élections, si un député a fauté, la population puisse le « révoquer » à travers un référendum.
Pour l’animateur de Rezistans Ek Alternativ, la fête du Travail est l’occasion de réfléchir sur les exploitations que subissent encore les travailleurs malgré l’abolition de l’esclavage et de soutenir avec force que ces exploitations profitent aujourd’hui aux capitalistes. Ashok Subron s’inquiète aussi de l’écart grandissant entre les riches et les pauvres et de l’accaparement des ressources et de nos terres par des étrangers.
Faisant un brin d’histoire de la fête du Travail en rendant hommage aux tribuns tels qu’Emmanuel Anquétil, l’intervenant estime que c’est le travail et la force des travailleurs qui ont permis à Maurice de progresser. Pour lui, les travailleurs ont toujours été des moteurs et des éléments du changement. Il devait citer la formation du PTr en 1936 par la force des travailleurs, mais qui par la suite s’est vu « accaparé » par des groupes ayant des intérêts communaux, ou encore le MMM qui s’était rallié au combat en 1975 pour l’avènement de l’éducation gratuite au secondaire. Ces deux principaux blocs politiques sont aujourd’hui dépassés, soutient Ashok Subron : « Sa de mouveman inn sorti dan trip travayer me depis zot ine bloker, zot pe pouri nou pei ek nou sosiete », déplore l’intervenant.
La manifestation a mobilisé les travailleurs du port, du transport, de l’industrie sucrière et du thé, des écologistes, des jeunes, les travailleurs de divers secteurs, et membres de la Port-Louis Maritim Employees Association (PLMEA), la Union of Bus Industries Workers (UBIW), UASI, SILU, AGWU, OUA, entre autres. Plusieurs dirigeants syndicaux se sont succédé sur la scène pour lancer un appel pour se rallier au combat de Rezistans ek Alternativ et pour rester mobilisés. Annonce a été faite qu’une pétition serait circulée dans les jours à venir contre la privatisation du port. Lall Dewnath du Joint Negociating Panel (JNP) a pour sa part annoncé une grève générale si la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) persiste avec sa proposition de 1,5 % d’augmentation salariale, alors que le syndicat négocie pour un taux de 30 %. « Nous allons paralyser l’industrie sucrière cette année lors du début de la prochaine saison de coupe », ont annoncé les dirigeants du JNP. Ces derniers souhaitent la reprise des discussions avec la MSPA et le patronat.
Les employés de la Mauritius Freeport Developement CO Ltd (MFD) ont par ailleurs procédé à un vote général pour rejeter le nouveau rapport salarial et les conditions d’emploi proposées par la direction ; 206 votes ont été recueillis hier.