Le pari est gagné. La semaine dernière, le stade Germain Commarmond a vibré au son du reggae et du seggae. Le festival Reggae donn sa 7 a rassemblé plus de 10 000 personnes samedi, malgré le froid, tous béant d’admiration devant Gentleman venu tout droit d’Allemagne… en passant par les Caraïbes, berceau du reggae. Un spectacle à la hauteur des cinq longues années d’attente, selon les organisateurs.
Avec des pointures locales, telles que Ras Natty Baby, Linzy Bacbotte-Raya, Jason Heerah, The Prophecy, El Passi et Linn, le stade rempli à craquer a ressenti en parfaite communion les « reggae vibes ». Pendant plusieurs heures, les artistes se sont donné en spectacle, interprétant pour la plupart des morceaux phares, tels que « nou sirmonte » de Linn et « leve do mo pep » qui ont été repris à gorges déployées par les fans. Et c’est à 1 h 30 que le tant attendu Gentleman a fait son entrée sur scène, offrant un spectacle live des plus déchainés, reprenant ses tubes phares, dont « Dem gone ». Arborant les couleurs mauriciennes et panafricaines, les amateurs ont vibré jusqu’à « matingra ».
« Une fierté » pour Bruno Raya, membre du comité organisateur de la 7e édition de Reggae Donn sa. « J’ai vu ce soir-là de vrais Mauriciens, indistinctement de leur couleur de peau ou de leur appartenance ethnique. La musique est universelle », dit-il. Un public pluriel et rajeuni, nous confie ce dernier. « J’ai vu dans la foule de nouvelles têtes, des jeunes surtout éblouis par leur premier Reggae donn sa. J’ai même rencontré les enfants de quelques amis, habitués aux Reggae Donn sa. C’est fou ! », confie Bruno Raya. En effet, Reggae donn sa 7 était aussi un festival familial avec quelques petits amateurs de reggae en herbe se trémoussant dans la foule… une première fois qui les aura sans doute marqués.
« Rien n’arrive par hasard. Malgré le stress du concert reporté à cause du mauvais temps, tout s’est très bien passé et cela nous motive davantage pour renouveler l’expérience. » Bruno Raya est plus que satisfait et remercie toute son équipe, dont le jeune ingénieur son mauricien, Ashley Moonesamy d’Ichos, qui s’est occupé de la partie sono du concert. « On a quand même de jeunes talents à Maurice que l’on doit valoriser », soutient Bruno Raya.
Quant aux Feedbacks des fans, Bruno Raya affirme qu’ils sont à « 95% positifs, malgré les quelques divergences d’opinions. Ce sont en vérité des critiques positives pour que l’on s’améliore », nous dit notre interlocuteur. « Les commentaires pleuvent sur la page Facebook officiel du concert avec certains proposant même quelques noms d’artistes qu’ils aimeraient voir sur scène lors du prochain festival ». Un signe d’encouragement pour l’équipe de Bruno Raya qui s’est vu confronter à plusieurs contraintes, notamment au niveau de l’espace.
« Dans la rencontre prébudgétaire que nous avons eue avec les autorités concernées, j’ai soutenu que l’on devait avoir un stade musical qui soit entièrement dédié aux musiciens locaux, ou même internationaux. C’est un des moyens pour donner l’essor à l’industrie musicale à Maurice », avance-t-il. Et d’ajouter, « Reggae donn sa 7 est la preuve concrète que c’est une industrie dynamique et qui pourrait profiter à la fois aux artistes, aux locaux et à l’Etat ».
Un Reggae donn sa 8 ? « Oui, mais tout dépendra de l’organisation et des dispositions prises au niveau des autorités », confie-t-il. « L’on souhaite positionner le festival sur le plan international. D’ailleurs la chaine américaine CNN était présente pour couvrir le festival », soutient Bruno Raya. Ainsi, il souhaiterait voir un « International Reggae Donn sa Festival » dans un futur proche…