Les Seychelles, qui ont assuré la présidence de la Commission de l’océan Indien en 2012, passeront le relais aux Comores demain à l’occasion du 28e conseil des ministres de l’organisation régionale. Le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell quitte le pays aujourd’hui pour les Seychelles à la tête d’une délégation mauricienne. Outre les activités de l’organisation, la situation à Madagascar et la sécurité dans la région devraient figurer parmi les dossiers prioritaires de cette réunion ministérielle.
C’est le ministre comorien des Affaires étrangères Mohamed Bakri Ben Abdoulfatah Charif qui succédera à son homologue seychellois Jean Paul Adam à la présidence du conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien (COI). Il bénéficiera de l’encadrement du secrétariat de l’organisation basé à Maurice ainsi que des anciens présidents, dont le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell.
Le secrétaire général de la COI Jean Claude de l’Estrac participera pour la première fois à la réunion du conseil des ministres en sa capacité de secrétaire général. Cette rencontre, estime-t-il, marque un tournant pour l’organisation régionale « tant au niveau de l’ampleur des décisions qui seront prises qu’au niveau de la qualité de la participation à ce conseil ».
Plusieurs partenaires de développement de la COI seront ainsi représentés aux Seychelles. Parmi : le secrétaire exécutif du COMESA, le directeur régional de la Banque africaine de Développement et un représentant du ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine qui a décidé d’apporter sa contribution financière aux activités de l’organisation. Une délégation australienne est également attendue aux Seychelles.
S’agissant de Madagascar, Jean Claude de l’Estrac se réjouit de l’évolution de la situation dans la Grande île. « L’annonce du président de la transition malgache Andry Rajoelina qu’il ne présentera pas sa candidature aux élections présidentielles malgaches, qui suit celle de Marc Ramalomanana, ouvre la voie à une sortie de crise apaisée dans la Grande île comme le souhaitent les organisations internationales et les pays engagés dans la recherche d’une solution à la situation à Madagascar », a-t-il dit.
L’ordre du jour de la réunion du conseil des ministres contient une vingtaine de questions politiques et diplomatiques, économiques et commerciales ainsi qu’organisationnelles. Il sera également question de la tenue d’une table ronde sur la sécurité alimentaire à Majunga (Madagascar) en mars. Tous les dossiers majeurs actuellement à l’étude à la COI seront traités par le conseil : compagnie maritime, connectivité (projet Seganet), stratégie touristique, pollution marine, prévention et gestion des risques naturels, changement climatique, entre autres. Le projet de télévision régionale sera aussi abordé.
Rôle d’observateur
La signature de plusieurs accords est par ailleurs prévue avec l’Union européenne, l’Australie et la Chine. La COI et l’Indian Ocean Rim for Regional Cooperation signeront un Memorandum Standing portant sur la réciprocité du rôle d’observateur. L’organisation aura ainsi un statut d’observateur auprès de l’IOR et vice-versa.
Parmi les autres dossiers importants sur la table du conseil ministériel se trouve l’énergie renouvelable. La commission européenne a, à la fin de l’année dernière, approuvé une enveloppe d’aide d’un montant de Rs 600 millions (15 million d’euros) pour le financement d’un projet concernant les énergies renouvelables dans l’océan Indien.
Le projet géré par la COI sera axé sur l’accès à des services énergétiques modernes, fiables et durables à un prix acceptable pour les consommateurs de la région. Les pays de l’océan Indien dépendent largement de l’importation des énergies fossiles. 81 % de l’énergie primaire est importée.
Avant de se rendre aux Seychelles, le secrétaire général de la COI était en visite officielle aux Comores du 7 au 10 janvier. Durant ce séjour, il a rencontré de nombreuses personnalités officielles : le chef de l’État, son Excellence le Dr Ikililou Dhoinine, le ministre des Affaires étrangères Mohamed Bakri Ben Abdoulfatah Charif, le président de l’Assemblée nationale Hamidou Bourhane, le vice-président chargé du ministère de la Production, de l’Environnement, de l’Énergie, de l’Industrie et de l’Artisanat Fouad Mohadji et des responsables du secteur privé et de la société civile (Chambre de commerce, etc.).
Lors de ces rencontres, un bilan des actions menées a été dressé. Grâce au soutien de ses partenaires financiers et techniques, la COI a apporté un appui concret à l’Union des Comores, notamment à travers la mise à disposition d’expertises techniques et le renforcement des capacités dans les domaines de la santé, de la lutte contre le changement climatique et de la sécurité et ce, dans toutes les régions : Grande Comores, Anjouan et Mohéli.
Les discussions autour de la mise sur pied d’un bureau permanent de liaison ont également eu lieu. De plus, le secrétaire général a répondu favorablement aux demandes comoriennes d’appui à la création d’un Office national du tourisme comorien et à la mobilisation de fonds. Jean Claude de l’Estrac a par ailleurs assuré l’Union des Comores de la disponibilité de la COI à perpétuer son soutien au pays, dans la mesure des moyens dont elle dispose.