L’Amour pour les chiens n’a aucune limite pour Preety Saachi, qui a créé quatre shelters pour animaux abandonnés. Elle possède plus de 200 chiens et 35 chats ramassés dans différentes régions de l’île. Elle les recueille blessés ou rongés par les myiases pour leur donner une deuxième vie. Si elle félicite Arvin Boolell, le leader de l’opposition pour sa prise de position à ne pas négliger les animaux, Preety tire la sonnette d’alarme sur la nécessité de mettre d’urgence en place un programme pour sauver les animaux errants en détresse. D’ailleurs, son message fort au gouvernement est de venir en aide aux shelters, surtout qu’en cette période de confinement, la nourriture pour animaux devient une nécessité première.

Preety Saachi évoque les services essentiels comme une nécessité, mais ajoute que les animaux ont aussi besoin de rescuers pour leur venir en aide. « Beaucoup de ‘rescuers’ font du bénévolat, mais il faut un plan d’urgence pour les maintenir en vie. Comment nourrir ces animaux alors que les Mauriciens sont en confinement ? » se demande-t-elle. Face à ce problème majeur, Preety lance un appel au gouvernement pour un regroupement de tous les rescuers et pour qu’il y ait aussi un service d’entraide en termes de nourriture et de traitements médicaux. « On doit aussi pouvoir bénéficier d’un service d’aide avec les vétérinaires. Arvin Boolell a eu de la compassion pour les animaux, et, nous, le message qu’on veut faire passer est qu’il faut aussi appliquer une loi plus sévère et imminente pour la protection des animaux et sanctionner ces propriétaires qui abandonnent leurs chiens et chats en plein Covid-19 », dit-elle.

Malgré la pandémie, Preety Saachi a d’autres priorités. Elle fait partie de ces travailleurs de la catégorie des services essentiels. Son travail consiste à sauver des vies d’animaux abandonnés. Son constat en cette période est que la situation devient « de plus en plus grave ». Elle poursuit : « Il y a une certaine forme de lâcheté parmi les particuliers. Je ramasse des chiens avec collier, ce qui prouve qu’ils ne sont pas errants et ont des maîtres. Il faut arrêter de penser qu’il faut jeter les animaux de compagnie et tout mettre sur le dos de la Covid-19. Un animal de compagnie doit avoir les mêmes droits de vivre qu’un humain. » Preety qualifie la situation de « grave » sur le terrain avec autant de chiens errants, sans nourriture et souffrant de problèmes de peau. « Le nombre de chiens a doublé durant cette pandémie. Je nourris des chiens des régions de Vacoas, Quatre- Bornes, Mare aux Vacoas, Bassin, Grand-Bassin, Palma, et, la situation est grave car il me manque des vivres pour les nourrir », dit-elle.

La peur de la Covid-19 

Preety Saachi dit que la peur du coronavirus a engendré une certaine inquiétude chez des propriétaires de chiens et de chats. « Mon cœur est serré quand je vois ces animaux à la rue. Il y a aussi beaucoup de cas de maltraitance envers les chiens errants », indique-t-elle. Elle évoque aussi le manque de nourriture pour chiens et chats dans les supermarchés et trouve qu’un sachet de riz ne peut pas nourrir une centaine d’animaux et que le prix est onéreux. Elle se dit aussi outrée par l’euthanasie pratiquée par la MSAW. « Ils prennent les chiens dans la rue, les euthanasient et donnent seulement trois jours à leur propriétaire pour les reprendre. Le prix pour les récupérer est de Rs 3 000 pour ceux qui ne sont pas enregistrés et Rs 1 000 pour ceux enregistrés. Un propriétaire, qui n’a pas les moyens, ne pourra donc pas récupérer son animal. Pire, avec le confinement, comment récupérer son chien, surtout que tout le monde n’a pas de cour bien clôturée ? »

Preety Saachi s’est découverte une passion pour les chiens alors qu’elle était encore une enfant. Adulte, cette passion s’est décuplée au point où elle a choisi de mettre en place sa propre association, Rescuer Of Animals in Distress. Elle mène à bon port sa mission à travers des donations. Preety se sent encore plus concernée en cette période de pandémie. Avec son Work Permit, elle s’efforce de venir en aide aux animaux en détresse. Pour elle, il faut une mobilisation de tous les rescuers pour venir en aide à tous ces chiens errants. « Je lance un appel pour des donations en nourriture pour chiens et chats. Il faut les aider au même titre qu’on aiderait un homme en détresse. J’ai secouru beaucoup d’animaux, panser leurs blessures, mais ce qui m’irrite c’est la maltraitance envers les chiens errants. Je suis témoin de ces parasites qui logent sur leurs corps, ceci nécessite une bonne hygiène de vie. Je lance un appel aux propriétaires pour qu’ils donnent leurs chiens et chats en adoption et non les jeter à la rue. Il faut aussi stériliser les chiens », explique-t-elle.

Preety souhaite que la loi devienne « plus sévère » et que l’abandon d’animal, considéré comme un acte de cruauté punissable par la loi, doit être appliqué au maximum. Un mois que les Mauriciens sont en confinement, Preety dit que la situation ne s’est pas améliorée sur le terrain. « J’ai ramassé un chien accidenté à Camp-Fouquereaux qui a dû être amputé d’une patte infectée. Heureusement, il y a Paws, Animalia ou Pet Concern. Je salue les vétérinaires et Veto Care qui travaillent aussi en urgence. » Ce qui inquiète notre intervenante est que Life Stock n’a pas eu le permis de distribution de nourriture pour animaux. « Je lance un appel au gouvernement pour donner aux ‘rescuers’, qui ont un ‘shelter’ de la nourriture pour chiens et chats. Il faut aussi revoir les prix, car on aide beaucoup d’animaux en détresse », dit-elle. Si Preety Saachi remercie HSI (Nu toutou), qui lui est venue en aide pour la nourriture pour chiens, elle lance également un appel à tous ceux qui peuvent lui faire avoir du riz, des croquettes, des ‘can and frozen Foods’. Preety propose de venir les récupérer chez eux. Les dons peuvent se faire en lui téléphonant au 57744993.