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Ils sont visiblement très inquiets depuis que des machines ont été installées pour lancer le projet du “fly over” de Dowlut. Les habitants de Phoenix craignent qu’une fois les travaux commencés, ils aient la vie dure pour rentrer et sortir de chez eux en raison de la déviation qui sera mise en place. Ils déplorent le fait que personne du gouvernement ne soit venu vers eux pour leur expliquer le projet en cours. Leur souhait est d’éclaircir la situation, qu’ils estiment être « entourée de zones d’ombre », et de trouver une autre déviation pour ne pas effectuer de longs détours pour accéder à leur maison. Une manifestation n’est pas à écarter.

« Ils ont mis en place un projet et personne n’est venu vers nous pour nous expliquer ce qu’ils font », explique un membre de la famille Dowlut. Selon les renseignements qu’il a obtenus, il souligne que ce projet « affectera la vie de ceux habitant ce quartier ». Il explique que les gens de Phoenix devront désormais faire « de grands détours » pour se rendre chez eux ou pour sortir. « Ceux qui viennent de Port-Louis auront de grandes difficultés à avoir accès au quartier d’ici », dit-il.

Cet habitant, qui habite depuis des décennies à Phoenix, dit « ne pas être contre ce projet de développement » mais qu’il « ne comprend pas la raison de l’absence d’un officier du gouvernement pour tirer au clair la situation à laquelle doit s’attendre les habitants ». Il ajoute : « Ce projet ne peut affecter notre mobilité. Pour me rendre chez moi, il n’est pas normal d’aller jusqu’à Jumbo de Phoenix et de passer par Palmerstone et Highlands. On nous impose un projet sans que nous ayons des informations précises. »

Par ailleurs, ce membre de la famille Dowlut a également exprimé son scepticisme sur la véracité du projet. En effet, le manque de communication au sujet du projet « m’inquiète » et il dit aussi regretter que des élus de la circonscription « ne sont jamais venus rencontrer les habitants pour que ces derniers expriment leurs doléances ». Il se demande donc ce qui se passera en cas d’urgence où il faut transporter un malade à l’hôpital.

Pour un autre membre de la famille Dowlut, ce “fly over” semble être « une rampe ». Il explique qu’en raison des mariages, souvent organisés dans une salle de la localité, « cette route est souvent bloquée ». Il poursuit : « Maintenant que des détours devront être faits pour nous rendre à notre destination, nous verrons de moins en moins de personnes qui se marieront ici. »

Appréhendant une baisse dans le nombre de ses clients une fois le projet mis en place, le propriétaire d’une compagnie de véhicules de seconde main, Zaid Peeroo, déplore lui aussi la sérieuse absence de communication sur le projet. « Je reçois quotidiennement une trentaine de personnes. Si une déviation est faite, je perdrai mes clients car ces derniers préféreront aller dans des endroits qui sont plus accessibles », dit-il. Ayant investi et construit son entreprise depuis 2005, il craint le pire. Selon cet entrepreneur, il y a « des routes alternatives » que peuvent emprunter les habitants par rapport à ce qui a été prescrit. « Ceux qui travaillent sur le projet semblent ne pas connaître notre réalité », dit-il.

Sur cette route, un salon de coiffure a ouvert ses portes depuis trois ans. Selon le propriétaire, Aqeel Chukoury, le choix s’est porté sur Phoenix en raison d’un problème de parking pour son salon sis à Curepipe. « Ce sera très difficile pour que mes clients arrivent jusqu’ici. C’est l’accessibilité du lieu qui leur permet de venir, d’où la raison d’avoir ouvert un salon ici », avance le propriétaire. Pour lui, une fois la déviation en place, le nombre de clients « diminuera davantage ». Il ajoute : « Je crains de perdre mes clients. »

Le propriétaire de Nas Wholesale Ltd, Yasin Bauluck, qui a ouvert son magasin depuis peu, avance lui aussi que le nombre de clients « chutera » et craint même le fait de devoir fermer boutique si les déviations imposées nécessitent de longs détours. « J’ai fait de gros investissements. On nous impose un projet et nous perdons ainsi des clients. C’est une place stratégique d’où la raison pour laquelle je l’ai choisie », dit-il. Selon lui, si le plan de déviation est appliqué, il faudra « dédommager les commerçants » qui ont énormément investi pour gagner leur vie.