Cette fois, l’accueil était beaucoup plus grandiose, soit à la mesure de l’événement. Tant et si bien que les héros du périple brésilien et leurs dirigeants paraissaient surpris à leur sortie de l’aérogare, hier après-midi aux alentours de 16h50. Les champions du monde de kick-boxing, Fabrice Bauluck et James Agathe, les vice-champions du monde Burtlan Simiss et Facson Perrine, de même que leur coéquipier malheureux, Boris Brissonnette, et les dirigeants (Judex Jeannot et Allen Naraidoo) pouvaient partager leur bonheur tout neuf avec ceux venus les accueillir à l’aéroport de Plaisance.
Dès 15 h 30, l’ambiance avait été créée par un groupe de huit personnes s’exerçant au djembé, des banderoles et des quadricolores bien en évidence. Parents et amis des tireurs, membres de la fédération de kick-boxing, collègues de travail de James Agathe à la Special Mobile Force, représentants des organismes sportifs et des commanditaires, anonymes : tous avaient voulu voir de près et féliciter ceux qui ont tenu en haleine tout un pays pendant une semaine avant d’entrer de plain-pied dans la légende.
Fierté et bonheur : deux mots qui sont revenus comme un leitmotiv chez tous ceux qui ont fait part de leurs sentiments vis-à-vis de cette prestation d’ensemble. À l’image du vice-premier ministre et ministre des Finances, Xavier Luc Duval, qui avait tenu à être présent malgré un déplacement à l’étranger en soirée. « Un immense honneur pour le pays. Le kick-boxing demeure une discipline où nous excellons et je suis vraiment heureux pour ces tireurs que je connais d’ailleurs personnellement. »
Quant à son collègue de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, il a voulu donner encore plus de relief à cette prestation en annonçant une augmentation des cash-prizes. Énorme satisfaction exprimée également par Désiré Tsang, président du Trust Fund for Excellence in Sports. « C’est vraiment extraordinaire d’avoir pu obtenir deux médailles d’or lors d’une compétition aussi relevée. Il est à espérer que d’autres fédérations emboîtent le pas. »
Même si l’attente s’avère longue, les commentaires élogieux continuent d’affluer. Dominique Filleul et Steve Wan, respectivement directeurs de City Sport et Stevenhills, ne peuvent regretter en aucune façon d’avoir apporté leur contribution à la délégation. « Pour un pays d’un million d’habitants, cette performance se trouve être historique. Si on se donne les moyens, on parvient à des résultats », avance le premier nommé. « Malgré les moyens limités, les tireurs sont parvenus à leurs fins. Notre soutien sera maintenu à l’égard de cette fédération », déclare de son côté Steve Wan.
Une initiative intéressante : le fait d’avoir pu permettre le déplacement des parents de James Agathe et Facson Perrine de Rodrigues à Maurice. Jérôme Agathe, le père de James, ne peut cacher sa fierté. « C’est à la radio que nous avons appris la nouvelle. Au début, nous doutions vu le niveau de la compétition. Toutefois, mon fils a pu se surpasser et je suis comblé. »
Ne dit-on pas également que derrière le succès de chaque homme se cache une femme… Kelly-Ann Bauluck, avec dans ses bras le petit Klinswaynn, ne peut cacher son impatience de retrouver son époux Fabrice. « Cela fait 17 jours que nous nous sommes quittés. J’ai hâte de le serrer dans mes bras et de le féliciter pour cette consécration après laquelle il courait depuis si longtemps. » Monica Agathe, d’origine macédonienne, un bouquet à la main, partage cette même émotion. « I feel very, very excited. I’m so proud of James. »
L’attente aura finalement assez duré et les membres de la délégation font leur apparition sous les applaudissements nourris et au son d’un hymne national qui donne des frissons. Guirlandes, bouquets de fleurs, accolades et embrassades, les nouveaux héros sont choyés en étant sollicités de toutes parts. Quelque peu à l’écart, Boris Brissonnette parle d’injustice concernant son quart de finale perdu. « J’ai non seulement reçu un coup de tête involontaire de mon adversaire, mais l’entraîneur de ce dernier est intervenu au cours du combat, alors que son tireur était au bord du K.O. Toutefois, je sors grandi de cette expérience et j’ai prouvé que j’avais ma place au sein de cette sélection. »
Des regrets également exprimés par Facson Perrine. « Je n’ai pu disputer ma finale jusqu’au bout. Toutefois, je me suis donné à fond tout au long de cette compétition. Je suis heureux tout de même, car ce n’est pas tous les jours qu’on devient vice-champion du monde. » Un titre que Burtlan Simiss accueille également avec beaucoup de bonheur. « Je suis très fier de mon parcours. Cependant, ce low-kick concédé sur la toute fin m’a privé du titre. »
Quant à Fabrice Bauluck, il pense déjà à l’avenir. « Il s’agira maintenant de confirmer. Ce sera encore plus difficile car il faudra demeurer vigilant et se faire respecter. Champion du monde, c’est aussi une énorme responsabilité », lâche-t-il, la tête bien sur les épaules.
« Champion du monde, c’est l’extrême. Aujourd’hui, je suis triplement heureux de voir toutes ces personnalités, mes parents et mes collègues de la SMF. Je ne sais pas si je vais revivre de tels moments, mais je les vis à fond », indique de son côté James Agathe.
Bain de foule suivi d’un défilé jusqu’à Mahébourg, puis cap sur Trianon. L’euphorie pouvait durer en attendant d’autres moments intenses. Hier après-midi, l’île Maurice était définitivement derrière ses héros.