Les différents chantiers de construction à Rose-Hill dans le cadre des travaux liés au Metro Express, avec pour perspective de la relier à Port-Louis sur treize kilomètres, ont eu un impact direct sur les automobilistes. Des embouteillages liés au plan de déviation des lignes de bus desservies par Rose-Hill Transport Ltd (RHT) ont pris des proportions impressionnantes dès l’amorce des opérations lundi. On a noté un engorgement de 300 mètres de long à la rue Maurice-Curé. Par ailleurs, l’élimination d’un croisement et de l’îlot situé sur la route en face du CEB a permis de rendre cette partie du trafic routier légèrement plus fluide. Or, on ne saurait se tromper en affirmant qu’après cette semaine écoulée, ponctuée de deux jours de congé, en sus « du pont de vendredi » pour certains, les choses risquent de se corser demain.

Les travaux de construction dans le cadre du projet Metro Express ont entamé une phase clé avec le début des grandes manœuvres à Rose-Hill le 29 janvier. La veille, à en croire des conducteurs de RHT, « certains d’entre nous étaient toujours dans le flou quant à la façon d’opérer. » Dans la foulée, un manque de communication lié au réaménagement des chauffeurs de taxi de la gare de Rose-Hill, place Margéot, transformée en un terminus urbain, à un stationnement situé en retrait de la Place, a eu pour effet que des conducteurs, qui n’étaient pas au courant, ont garé leur véhicule dans cette nouvelle aire destinée aux taxis. Cette confusion a provoqué l’irritation de tout un chacun. Si les chauffeurs de taxi, bien qu’inquiets d’une éventuelle chute de revenus causés par cette relocalisation, vont semble-t-il, obtempérer, les chauffeurs de bus individuels ont tenu à s’exprimer dans le sillage du transfert de leur plate-forme vers un terrain vague à l’arrière du CEB, en lançant une pique à peine voilée à l’encontre du gouvernement : « Que chaque compagnie de transport soit traitée équitablement et qu’on soit tous mis dans le même bateau. »

Il faut énormément
de patience

La matinée de mardi a été éreintante pour les usagers de la route. Il a fallu quasiment deux heures à ceux faisant le trajet du centre-ville de Rose-Hill à Port-Louis en voiture pour rejoindre leur lieu de travail. « Il faut énormément de patience pour sortir d’un tel trafic », souligne Arnaud. Quant à Raymond, 59 ans, qui fait ce trajet depuis une vingtaine d’années, c’est avec philosophie et sur un ton humoristique qu’il observe cette situation : « Je n’ai plus la force et l’âge d’attendre autant dans ce bouchon avec cette chaleur en plus. L’heure de la retraite a sonné, je pense. » Cette conjoncture ne laisse pas non plus les passagers d’autobus sans inquiétudes. Rajiv se dit désenchanté en constatant « que ces longs trajets impliquent quelques douleurs au coccyx en plus des fortes chaleurs actuellement ».

Forte concentration de véhicules aux heures de pointe

La rue Maurice-Curé va-t-elle devenir le haut lieu de la congestion routière jusqu’à la livraison de la première phase de l’axe gare Victoria-Rose-Hill prévue pour septembre 2019 ? Les habitants de cette rue — vers laquelle toutes les voies autour de la rue Duncan Taylor seront prochainement fermées et hélas, déjà sujette, depuis quelques années, à une forte concentration de véhicules aux heures de pointe — ont constaté que des encombrements de grande ampleur font déjà partie du décor. Un résident raconte que depuis lundi « la problématique est passée à une étape supérieure, car nous n’arrivons même plus à sortir notre véhicule du garage », ajoutant que « certains automobilistes font preuve d’un manque de courtoisie ».

Le fait d’avoir enlevé l’îlot en face du CEB a certes permis de légèrement fluidifier la circulation, mais un vrai test grandeur nature attend ceux qui passeront par le tronçon de Duncan Taylor ou de la rue Maurice-Curé jusqu’au rond-point devant le CEB à partir de demain. Cette semaine écoulée marquée par deux jours de congé consécutifs n’est qu’un avant-gout de ce qui sera le quotidien des milliers d’automobilistes. En attendant le retour à la normale, il faut évidemment prendre son mal en patience.