Une vingtaine de familles habite sur le flanc de la montagne de Ruisseau Créole, Baie-du- Cap, depuis une quinzaine d’années. En septembre 2013, une grosse pierre s’était détachée du mont et avait atterri derrière la maison d’un septuagénaire. Depuis, ces familles se sentent constamment menacées par des éboulements et vivent dans la peur. À cette peur est venu s’ajouter depuis un mois un sentiment de confusion totale. « Mo bail fini expire. Nou pa kone ki pou arive. Mo pe fer demars pou ki li renouvlé. Pa fasil. Latet manze ar sa », nous a confié Gilbert Azie, un des habitants.

Chaque famille avait reçu du gouvernement une portion d’un terrain de six perches pour y construire une maison, moyennant Rs 1 750 annuellement pour ce bail. En contrepartie, les autorités auraient dû s’atteler à certaines tâches, telles l’aménagement d’une route, des infrastructures essentielles et des points de lumière dans des endroits à risque.

« Ena enn sel lalimier ziska zordi, apre nanye pa finn fer. Oblize pran tors aswar pou pa devir anba-lao », relatent les habitants. En 2013, ils ont fait des démarches pour pouvoir rentrer plus facilement chez eux car, là où ils habitent, l’accès à la route principale est presque impossible, le risque de glisser sur la boue et de dévaler la pente étant trop important. Jusqu’ici rien n’a été fait du côté des autorités concernées. Les élus de la circonscription font la sourde-oreille. Clifford Eole, père de quatre enfants, habite cet endroit depuis plus d’une décennie. Il ne trouve plus les mots pour qualifier l’indifférence des élus de cette circonscription.

Sollicité pour une réaction par rapport à ce qui se passe au Ruisseau Créole, le député Ezra Jhuboo a déclaré : « Comment est-ce que je peux deviner que ces habitants ont des problèmes s’ils ne m’ont pas averti ? » Et d’ajouter que « je répondrai présent s’ils le font ».