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Le gouvernement mauricien dévoile son idéologie techno-policière : vidéosurveillance et police de proximité face à la délinquance et les excès de vitesse. Certains le réclament, au nom de la sécurité, d’autres s’en méfient, au nom des libertés. Aussi étonnant que cela puisse paraître, très peu de détails ont transpiré pour l’heure sur le processus auquel les spécialistes du centre de contrôle et de commandement se fieront afin de parvenir à une reconnaissance faciale automatisée des personnes filmées.

Avec quelles bases de données de visages la confrontation d’images de caméras de surveillance se fera ? Sachant qu’en vertu des National Identity Card Regulations, promulgués en septembre 2015, le stockage des données biométriques des détenteurs de la nouvelle carte d’identité constitue une infraction à la Constitution. Une source au Mauritius National identity Card Center est catégorique : « Les données biométriques sont stockées durant une dizaine de jours, soit le temps de la production de la carte d’identité, puis elle sont détruites. Les officiers qui procèdent à cet exercice jurent un affidavit pour confirmer la destruction. »

 Selon un haut gradé aux Casernes centrales, les caméras sont capables de scanner les visages d’individus ayant déjà commis des actes criminels, de violence ou d’autres infractions et les comparer instantanément avec les traits de leurs photos conservées dans une base de données à la police.

Et quid des individus ayant un casier judiciaire vierge ? Aucune information n’a filtré concernant cet aspect tant au niveau de la police que de Mauritius Telecom, à qui le contrat pour l’installation et l’exploitation du système de surveillance, pour la bagatelle de Rs 20 milliards, a été attribué.

Sous le couvert de l’anonymat, un expert informatique évoque, à demi-mot, que si effectivement lesdites bases de données sont détruites, l’autre scénario pour l’identification serait le croisement entre l’image captée par une caméra avec celle contenue dans la puce de la carte d’identité biométrique.

« La caméra compare le visage avec la photo enregistrée dans le composant électronique pour l’identification. Reste à savoir si elle fonctionne uniquement par le biais de bornes wifi », souligne notre interlocuteur. Il n’en reste pas moins que la question de la surveillance des masses par caméra publique et ses potentielles dérives vont se poser avec plus d’acuité à l’aube des échéances électorales. Affaire à suivre