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La première plateforme de télémédecine officiellement opérationnelle depuis hier

Beaucoup de Mauriciens, par respect des consignes mais aussi et surtout par crainte de contamination, ont préféré reporter les visites médicales durant cette période de confinement. La Covid-19 ayant changé la vie de tous, les médecins aussi ont évolué dans leurs habitudes pour répondre aux demandes des patients. Il est désormais possible de demander une téléconsultation avec un médecin. Cela, à travers la plateforme Abler Digital Health, lancée officiellement vendredi 15 mai.

Si certains pays offrent la télémédecine et les consultations à distance depuis quelques années déjà, cette technologie est toute nouvelle à Maurice. La plateforme www.ablerdigital.com, à l’initiative de deux jeunes Mauriciens, Shahannah Abdoolakhan, fondatrice et CEO d’Abler Consulting Ltd, et Tarun Koonjul, responsable de la mise en application du projet, et leur partenaire pakistanais Muhammad Ahsan Khan, est désormais accessible au grand public. Une application mobile sera bientôt disponible sur Android et iOS. S’adaptant aux exigences de la crise sanitaire actuelle, des médecins généralistes et spécialistes, des professionnels de santé et des pharmacies ont rejoint la plateforme Abler Digital Health.

Cette plateforme permet à son utilisateur d’obtenir un rendez-vous pour une consultation en ligne avec un médecin depuis l’endroit où il se trouve. Les patients souhaitant s’inscrire sur la plateforme Abler Digital Health peuvent le faire gratuitement en quelques clics. Et après leur enregistrement, ils pourront accéder aux consultations en ligne. Deux options s’offrent à eux : ils peuvent solliciter un médecin disponible en ligne ou prendre rendez-vous avec un médecin de leur choix.

Et à l’heure du rendez-vous, le patient se connecte via son ordinateur, sa tablette ou son téléphone portable sur le site sécurisé et le médecin depuis son cabinet procède à sa consultation via une vidéo. Lors d’une consultation en ligne, en se basant sur la description des symptômes du patient, le médecin approché peut poser un premier diagnostic et en fonction de celui-ci, décider des mesures à prendre. Cela permet en outre de désengorger les médecins, de rassurer la population, d’éviter les déplacements des patients, représentant en cette période pandémique une formule efficace et rapide pour avoir un contact avec un médecin sans se déplacer.

Tarun Koonjul se dit agréablement surpris par l’engouement suscité par la télémédecine. Fier de faire partie de cette première à Maurice, il fait ressortir que « dix médecins généralistes sont accessibles et d’ailleurs certains ont déjà débuté les consultations en ligne pendant la phase de testing. » Abler Digital Health met ainsi à la disposition des patients cardiologue, neurologue, psychologue, energy healer, chirurgien ORL, et spécialiste des allergies, entre autres. « L’aventure ne fait que commencer, et nous nous attendons à ce que des dizaines d’autres médecins nous rejoignent dans les semaines qui suivent », dit Tarun Koonjul. Les atouts de cette technologie sont nombreux, surtout en ce qu’il s’agit de mieux contrôler son agenda, à la fois pour un médecin et un patient, ajoutent ces concepteurs. Les frais de consultation varient et sont affichés sur la plateforme.

À savoir qu’après une consultation médicale par vidéoconférence, le médecin pourra délivrer une ordonnance électronique, soit par courriel ou via l’application mobile prochainement, valable en pharmacie. Sept pharmacies sont disponibles sur la plateforme, couvrant les régions de l’Est, les Plaines-Wilhems et la capitale, dont six de la compagnie Unicorn (MSJ Ltd). « Les médecins pourront envoyer les ordonnances directement aux pharmacies choisies par les patients », précise Shahannah Abdoolakhan.

Muhammad Ahsan Khan rassure les utilisateurs que « cette technologie est sécurisée et protégée par la Data Protection Act 2017 et l’EU GDPR ». Ayant fait ses preuves dans plusieurs pays, comme aux États-Unis et en Angleterre, la télémédecine opère dans le respect de la protection des données personnelles, dit-il.