GANESSEN ANNAVEE

Alors que nous célébrons ‘Aadi’ au fil des ans avec la même ferveur comme pour nous rappeler les liens indissolubles du mariage, il est triste néanmoins de constater que cette institution sacrée n’attire plus le respect qu’elle mérite en tant que don du Créateur.

Même si tous les efforts entrepris dans diverses cultures et couches sociales, pour redorer le blason de cette institution semblent ne pas aboutir – tant le divorce se répand –, on ne peut pour autant baisser les bras.

Il est vrai que le mariage parfait n’existe que dans les contes de fées. Cependant, réussir une vie de couple est à la portée de tous dans la mesure où l’on est prêt à se conformer aux exigences de cette grande aventure. Car, reconnaissons-le, le mariage comporte ses règles pour assurer sa réussite, les limites qu’il faut respecter, les sacrifices auxquels consentir, les changements qui requièrent une adaptation. C’est tout cela qui semble, trop souvent, échapper à ceux qui se marient et s’engagent par contrat, pour ainsi dire, à vivre ensemble pour le meilleur et pour le pire. La vie de couple a ses hauts et ses bas, étant l’union de deux êtres imparfaits qui ont vécu deux vies potentiellement différentes durant leur jeunesse. Mais ceux qui pratiquent le respect mutuel, qui prennent en compte la dignité du partenaire, qui comprennent qu’il y a davantage de bonheur à donner qu’à recevoir, qui sont prêts à reconnaître leurs torts ou à pardonner, savent que les joies d’une vie de couple dépassent de loin ces tribulations inévitables de l’aventure conjugale.

Mais cette tendance grandissante à ‘appliquer la guillotine’ au moindre petit nuage cause un tort immense aux conjoints et enfants, qui grandissent dans des foyers mono-parentaux. Loin d’être une solution aux divergences, parfois banales, le divorce comporte son lot de séquelles traumatisantes, ses dommages directs et collatéraux qui durent parfois toute une vie et qui affectent aussi des innocents.

Il est aberrant de voir, trop souvent, de somptueux mariages s’enliser quelques jours, voire des semaines plus tard. À moins de vouloir réellement sombrer dans l’insouciance, voire la fatalité, on se doit de réagir. Tous ceux en mesure de le faire doivent apporter leur contribution.

Ces quelques pensées ne suffisent certes pas à endiguer cette déferlante qui avilit la famille humaine et qui menace les fondations d’une société déjà chancelante. Mais tout effort est la bienvenue pour renverser la vapeur. Que l’esprit qui anime ‘Aadi’ nous guide dans cette croisade!

L’Union Tamoule de Maurice félicite vivement ceux et celles qui le samedi 3 août 2019, dans diverses localités du pays, ont pris part à ce rituel de changement du ‘Thali’ pour démontrer, publiquement, leur détermination à rester fidèles à leurs vœux. Aadi est selon la tradition, un moment de réjouissances, voire de renouveau. Nous avons une pensée particulière pour ceux et celles qui n’ont pu participer au rituel ayant perdu leur conjoint dans la mort. Mais ils demeureront néanmoins dignes d’éloges ayant démontré leur attachement indéfectible au voeu du mariage.

Oungal anaivarukkum Aadhi Padinettarm Perukku Vizhaa Nalvaazthukkal.

Nandri, Vanakkam.