Le réseau de fraudeurs, piratant des données informatiques sur des cartes bancaires, opère dans les pays de l’océan Indien. Après Maurice à la fin du moins dernier, les guichets automatiques des banques commerciales des Seychelles, dont ceux du MCB Group, ont en effet été pris d’assaut, la Banque centrale des Seychelles et la Seychelles Bankers’ Association ayant dû monter au premier plan hier pour rassurer les clients de l’archipel. À Maurice, les quatre ressortissants chinois appréhendés par la Cyber Crime Unit du Central CID fin juillet ont été placés en détention depuis mercredi au Remand Centre sous le contrôle de la Prison centrale. L’enquête initiée depuis le 24 juillet révèle qu’à ce jour, des données informatiques de quelque 5 000 cartes bancaires avaient été piratées par les Skimming Devices placés dans des ATM du MCB Group, à Port-Louis.
Les informations en provenance des Seychelles indiquent dans un premier temps qu’au moins un millier de cartes bancaires, dont presque la moitié de clients de la MCB aux Seychelles, ont été compromises avec la découverte de Fraudulent Data Detection Devices (Skimming Devives) installés sur des guichets automatiques à Mahé. Les autorités seychelloises ont initié une enquête policière dès hier en vue de retracer les auteurs de cette escroquerie.
Trois ressortissants venus d’Europe de l’Est sont soupçonnés d’être les auteurs de cette escroquerie tandis que l’aéroport des Seychelles a été placé en état d’alerte dans le cadre de cette même opération. D’autre part, des banques des Seychelles auraient également relevé des tentatives de retraits de fonds des ATM avec des cartes de banques opérant en Bulgarie. Dans un communiqué émis hier, la Banque centrale des Seychelles note : « Certain ATM cards used on these machines may have been compromised. As a matter of precaution, these cards are being blocked by the respective banks as of Thursday 20th of August 2015. Customers whose cards may have been compromised are being contacted by their respective banks which are also taking exceptional measures to replace impacted cards as soon as possible. »
Toutefois, le remplacement de ces cartes bancaires pourrait prendre plus que de temps que prévu par rapport à l’épisode de fin juillet à Maurice. Les données des clients affectés devront en effet être transmises à Maurice en vue d’émettre de nouvelles cartes et leur retour par courrier dans l’archipel. C’est ce que Le Mauricien a appris de sources bien informées en cette fin de semaine. Dans la conjoncture, les autorités des Seychelles et celles de Maurice pourront être appelées à assurer une coordination de leur stratégie pour combattre ces fraudeurs avec, d’abord, un partage d’informations, vu la séquence des mouvements des fraudeurs dans cette partie de l’océan Indien au cours de ces derniers mois.
De leur côté, les quatre ressortissants chinois appréhendés par le Central CID de Port-Louis fin du mois dernier à la suite de la tentative de piratage de cartes de clients de la MCB, ont été “Remanded to Jail” sur ordre du magistrat du tribunal de Port-Louis. Ils sont accusés d’avoir pillé les données informatiques de quelque 5 000 cartes de la MCB. Dans un premier temps, la plus importante banque du pays a dû procéder au remplacement d’un premier lot de quelque 1 500 cartes.
Cette opération a été abandonnée vu qu’avec l’arrestation des escrocs chinois, les données piratées ont été sécurisées par la police en éliminant leur réutilisation de manière frauduleuse. Le Modus Operandi adopté par le réseau d’escrocs est simple : en aucun cas ils n’utilisent les codes bancaires piratés pour effectuer des retraits de fonds dans le même pays afin d’éviter d’être repérés. Ainsi, il semblerait que les Chinois placés en détention avaient l’intention de fabriquer, en contrefaçon, des cartes de clients mauriciens et de les utiliser pour des retraits en Australie. L’enquête de la Cyber Crime Unit se poursuit, même si les suspects chinois demeurent muets jusqu’ici…