Le syndicaliste Rashid Imrith revient à la charge avec les trois points d’augmentation salariale pour les fonctionnaires.

Manifestation devant la Government House, campagne de sensibilisation sur les lieux de travail et descente dans les rues de Port-Louis. C’est ce que prévoit la Fédération des syndicats du service public (FSSP) dans les jours à venir en vue de réclamer trois “increments” (points d’augmentation) en faveur des fonctionnaires. Rencontrant la presse jeudi au siège du syndicat à la Jade Court, à Port-Louis, le président de la FSSP, Rashid Imrith, a tenu à dénoncer le « laxisme » et « l’incompétence » du ministère de la Fonction publique par rapport à la nécessité de résoudre le problème de relativité salariale dans ce secteur. La FSSP prévoit une manifestation devant l’hôtel du gouvernement le 7 pour faire entendre sa voix.

Rashid Imrith avance avoir « l’impression que le ministère de la Fonction publique ne tient pas à cœur l’intérêt des fonctionnaires en ce qu’il s’agit de l’amélioration des conditions de service des fonctionnaires ». Il ajoute : « Ce ministère opère comme un État dans un autre État, faisant même fi des directives du bureau du Premier ministre. »

Le syndicaliste devait ainsi faire état de deux lettres dans ce sens pour ce qui est de l’implémentation du salaire minimum, qui concerne 83 000 fonctionnaires et aussi 23 000 pensionnés de ce secteur. Il a fait ressortir que, le 6 mars 2018, la fédération a accusé réception d’une lettre émanant du Bureau du Premier ministre à propos de l’implémentation du salaire minimum dans le secteur public et la publication prochaine du prochain rapport du PRB.

Dans une lettre du Prime Minister’s Office datant du 6 mars de la même année, il avait été indiqué que la requête faite par la fédération en date du 19 février 2018 avait été référée au ministère de la Fonction publique. Dans la dernière lettre, la fédération avait demandé que « le salaire minimum soit introduit dans la Fonction publique selon l’article 9 de la National Wage Consultative Act ». Cet article stipule qu’il y aura « une distorsion dans la relativité salariale une fois que le salaire minimum est appliqué dans la fonction publique ». Il faut donc corriger cette distorsion à travers un exercice administratif indépendant de la publication du prochain rapport du PRB.

« Lorsque le ministère de la Fonction publique a accusé réception de la lettre en mars 2018, la FSSP lui a adressé une lettre le 13 mars de la même année pour lui demander des explications (“where the matter stands”). Jusqu’à présent, le ministère de la Fonction publique fait la sourde oreille, même s’il a eu des instructions de la part du PMO. Nous avons repris la question avec le PMO les 28 juin et 10 juillet derniers. Celui-ci nous a fait savoir que la question a été référée au ministère de la Fonction publique “for appropriate action and consideration” », a déclaré le président de la FSSP.

Le ministère de la Fonction publique « ne peut ignorer » les instructions émanant du chef du gouvernement. « Nous avons des doutes concernant l’agenda du ministre de la Fonction publique ou de certains hauts fonctionnaires affectés à ce ministère », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Dix-huit mois se sont écoulés. Le gouvernement doit ainsi réajuster le salaire de 83 000 salariés à partir de janvier à travers trois “increments”. »

La FSSP prévoit ainsi d’organiser une manifestation devant l’hôtel du gouvernement le 7 août prochain pour dénoncer l’attitude du ministère de la Fonction publique. « Nous déciderons du sort de ce ministère, qui ne se montre pas à la hauteur, et annoncerons notre décision mercredi. Cette manifestation sera suivie d’une autre grande manifestation dans le centre de Port-Louis pour dénoncer l’attitude du gouvernement, qui ne peut venir de l’avant avec la National Wage Council Act et ne pas l’appliquer par la suite », a-t-il fait ressortir.

Concernant l’allocation de Rs 1 000 à compter de janvier 2020 pour les fonctionnaires en prélude de la publication du prochain rapport du PRB, Rashid Imrith souligne que le rapport doit prendre effet « à partir de janvier 2020 et non en 2021 ». Le rapport sera ainsi publié tous les quatre ans au lieu de cinq. Pour compléter cet exercice, la FSSP réclame la signature d’un accord collectif avec les fédérations de la Fonction publique, qui inclura la compensation qui sera accordée aux fonctionnaires suite à la distorsion dans la relativité salariale. « Sans cet accord collectif, les différentes intentions du gouvernement risquent d’être des effets d’annonce », a-t-il conclu.