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Le Programme national d’efficacité énergétique (PNEE), qui opère sous Business Mauritius, a présenté vendredi les premiers résultats d’un projet visant à améliorer l’utilisation de l’énergie dans le domaine du transport.

Le PNEE a sollicité la firme réunionnaise ISODOM pour effectuer un audit énergétique du système de transport à Maurice. Dans un premier temps, neuf firmes engagées dans des services de transport ont participé à cette étude menée par la firme réunionnaise (Rose Hill Transport, Mautourco, Archemics, Velogic, UBP, Panagora, Gros Cailloux, Drymix et Espace Maison) et le PNEE souhaite que d’autres entreprises se joignent au mouvement visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Livrant les premières conclusions de l’audit, Rachel Toulet, d’ISODOM (présente à Maurice depuis 2012), a indiqué qu’il y a « pas mal d’actions à mettre en place pour améliorer les choses ».

D’abord, elle a indiqué qu’à Maurice, il y a un mix énergétique de 95/5, avec une très forte dépendance des énergies fossiles, ajoutant que « le transport représente 53% de l’énergie consommée dans le pays », que la production industrielle absorbe 22% de l’énergie et le commerce, 10%, tandis que les ménages consomment 14%. Quelque 531 000 véhicules sillonnent nos routes et le transport routier représente 69% de l’énergie consommée à l’item “transport”, tandis que le transport aérien, lui, absorbe 29% et le transport maritime, 2%.

Selon l’audit effectué par ISODOM, le transport représente 20% de la totalité des gaz à effet de serre émis par le pays. Commentant les données obtenues suivant l’évaluation du système de transport des neuf compagnies susmentionnées, Rachel Toulet a indiqué que ces compagnies regroupent un total de 740 véhicules. Les véhicules dits “légers” utilisent principalement de l’essence tandis que les véhicules pour le transport de voyageurs roulent majoritairement au diesel.

Quant aux véhicules pour le transport de marchandises, ils fonctionnent uniquement au diesel. Ces 740 véhicules ont parcouru 23 493 557 kilomètres en un an et utilisé 594 552 litres d’essence et 4 514 776 litres de diesel, ce qui représente une facture globale de Rs 190,2 millions, (soit une moyenne de Rs 21 millions par compagnie). Ces 740 véhicules ont émis 13 925 tonnes de CO2. Les émissions de CO2 dans le secteur du transport proviennent surtout du transport de marchandises (47%) et du transport de voyageurs (42%), et moindrement des véhicules légers (11%).

Selon le diagnostic énergétique effectué par ISODOM, ces neuf entreprises peuvent réaliser 7% d’économie en moyenne sur leur facture de carburant, soit 278 967 litres de diesel et 37 501 litres d’essence, mais Rachel Toulet d’ajouter que « l’on peut économiser jusqu’à 15% d’économie de carburant ».

Selon Sid Sharma, de la Rose-Hill Transport, qui préside un sous-comité au sein de Business Mauritius sur la transition énergétique, plusieurs solutions existent à cet effet. Des propositions ont d’ailleurs été faites en ce sens. Il s’agirait d’abord de modifier le grade de carburant importé par Maurice et dont le taux de soufre est trop élevé. Il faut aussi revoir les normes des moteurs diesel à l’importation et également élaborer un cadre légal pour encourager et développer l’utilisation de véhicules électriques. « Je me rends en Chine tous les ans et l’année dernière, j’ai pu noter les résultats de leur politique de décarbonisation de leur parc automobile. Ils ont réduit leur pollution. À Maurice, nous avons encore un long chemin à parcourir à ce niveau », termine Sid Sharma.