La Financial Services Commission (FSC), l’autorité régulatrice du secteur des services financiers non bancaires, souhaite « un plus grand partenariat » entre la France et Maurice dans le domaine des services financiers. Un appel en ce sens a été lancé hier après-midi par la Chief Executive Officer (CEO) de la FSC Clairette Ah-Hen lors de la signature d’un protocole de coopération avec l’Autorité des marchés financiers (AMF) de France. Ce protocole porte sur la surveillance des entités visées par la directive européenne sur les gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs.
Lors de cette cérémonie, à laquelle participaient l’ambassadeur de France Laurent Garnier et le chef de service économique de l’ambassade Jérôme Chastenet, la CEO de la FSC avait relevé que la France, en sus d’être une grande source d’aide financière à Maurice, est un partenaire privilégié en affaires, notamment dans le commerce, le textile, les technologies de l’information et de la communication et le tourisme. « Mais on note que les entreprises françaises sont moins présentes dans notre secteur financier », devait ajouter Clairette Ah-Hen avant de lancer son appel pour une collaboration plus approfondie entre les deux pays afin de « saisir les opportunités d’investissements dans les pays d’Afrique francophone ».
Réagissant aux propos de Clairette Ah-Hen, Laurent Garnier devait rappeler que la France a été, en 2013, le premier investisseur direct étranger, avec une enveloppe de l’ordre de 70 millions d’euros, et que cela est attribuable à la réputation de Maurice, où il existe « un bon climat des affaires ». L’ambassadeur de France s’est référé aux différentes interventions de l’Agence française de développement à Maurice et de l’agence Proparco. Il a laissé entendre qu’il se penchera personnellement sur le dossier de la coopération franco-mauricienne dans le secteur des services financiers.
Laurent Garnier s’est félicité des initiatives prises par Maurice pour consolider son secteur de Global Business qui, estime-t-il, représente aujourd’hui une activité très importante pour l’économie nationale à un moment où la diversification de la base économique s’avère une nécessité. « Maurice a redoublé d’efforts pour se doter d’une plateforme financière de qualité », a déclaré l’ambassadeur de France, avant de souligner le savoir-faire des professionnels du secteur des services financiers. Laurent Garnier a, par ailleurs, signalé que Maurice et la France sont, depuis 1973, signataires d’un accord de promotion et de protection des investissements, accord renouvelé en 2010 et qui a été suivi de la conclusion d’un traité de non double imposition.
Pour l’ambassadeur de France, le protocole de coopération entre la FSC et l’AMF vient renforcer ce qui a été réalisé jusqu’ici. Il facilitera l’échange d’informations entre les régulateurs des deux marchés et assurera un cadre régulatoire de surveillance des activités menées par les gestionnaires de fonds alternatifs (fonds capital-investissement, fonds immobiliers et fonds spéculatifs, entre autres). Ces activités portent notamment sur la promotion de ces fonds auprès des investisseurs basés en France. Laurent Garnier est d’avis que ce protocole de coopération est un « excellent signal » envoyé aux acteurs du secteur financier.
Notons que la FSC a, à ce jour, signé 25 protocoles bilatéraux avec des pays de l’Union européenne afin d’assurer la reconnaissance des fonds enregistrés à Maurice par les autorités régulatrices des marchés financiers de ces pays européens. La démarche de la FSC cadre avec la directive sur les gestionnaires de fonds alternatifs adoptée par le Parlement européen en juillet 2011 et qui est entrée en vigueur deux ans plus tard. C’est la European Securities and Markets Authority (ESMA) qui veille à la mise en application de cette directive.