La Financial Services Commission (FSC), le régulateur du secteur des services financiers non-bancaires, et le Financial Reporting Council (FRC), le chien de garde de la profession comptable, ont signé hier un protocole de coopération (Memorandum of Understanding) portant sur un échange d’informations effectif concernant l’audit, la présentation des comptes des sociétés et la bonne gouvernance.
Le protocole a été paraphé par Clairette Ah-Hen, Chief Executive Officer (CEO) de la FSC, et Selvida Naiken, CEO du FRC, en présence des présidents respectifs des deux institutions, respectivement Marc Hein et Dhiraj Seetulsingh. Le protocole porte sur un format standard de coopération entre les deux parties en vue d’éviter la duplication des travaux au niveau de l’exercice d’évaluation des présentations des comptes des sociétés et cela avec pour objectif final d’assurer la crédibilité des rapports financiers et la plus grande transparence dans la conduite des affaires dans le pays.
Clairette Ah-Hen a souligné dans son allocution que les régulateurs mettent beaucoup d’accent sur la transparence et la bonne gouvernance des sociétés et souhaitent, par ailleurs, le respect des normes de qualité en matière de présentation des comptes. Mme Ah-Hen, qui a eu l’occasion dans le passé de diriger la FRC, a déclaré qu’elle a toujours milité pour l’application et le respect des normes prudentielles, ajoutant qu’une bonne architecture financière ne peut que contribuer au développement du secteur des services financiers. Selon elle, le MoU permettra aux deux instances de veiller à ce que le pays soit doté d’une réglementation effective avec en vue la création d’un secteur des services financiers solide et durable.
Établi en 2004 sous la Financial Reporting Act, le FRC a pour objectif d’encourager les sociétés à présenter des informations financières et non-financières de haute qualité et d’inciter les auditeurs reconnus à adopter les normes les plus élevées dans l’exercice de leurs fonctions. « Nous veillons à l’intérêt de toutes les parties concernées et nous nous assurons que des services de qualité soient dispensés par les auditeurs », a déclaré Selvida Naiken.
Interrogé par Le Mauricien, Dhiraj Seetulsingh, qui a été à la tête de la Stock Exchange Commission (SEC) dans les premières années suivant sa création en 1989, a indiqué qu’il y a eu depuis un certain nombre d’années des progrès au niveau de la qualité des informations présentées dans les rapports financiers, mais a estimé qu’il y a encore des efforts à faire pour arriver à une meilleure adhésion des sociétés au code de bonne gouvernance. Il dit constater que les auditeurs font des efforts pour se plier aux International Financial Reporting Standards (IFRS) et cela pour la dissémination des informations appropriées et transparentes aux actionnaires, investisseurs et au grand public. M. Seetulsingh a salué les initiatives prises par les cabinets d’audit pour la formation de leur personnel et a fait remarquer que la Banque mondiale a reconnu les progrès réalisés localement quant au respect des normes. « Il y a des pays qui aimeraient mettre en place un modèle semblable au FRC », a-t-il ajouté.
Selon Clairette Ah-Hen, il y a de plus en plus de règles et de normes qui sont introduites dans le secteur des services financiers mais l’important, dit-elle, « c’est de faire la démonstration que ces règles et normes sont respectées. »