Medgée Casimir, déracinée à l’âge de 6 ans: “Mo ena lespwar pou alle retruv mo lakaz dan Peros Banhos”.

Le rapport du SG de l’ONU, Antonio Gutteres, à l’assemblée générale, sur la résolution du 22 mai, suivi de près.

Pendant toute la journée d’hier, des Chagossiens, qu’ils soient natifs, de la 2e ou de la 3e génération, ont défilé au Centre du Groupement des Réfugiés des Chagos à Pointe-aux-Sables.

Ils sont venus se faire enregistrer en vue du prochain voyage dans l’archipel à l’initiative du gouvernement dans le sillage de l’Advisory Opinion de la Cour internationale de Justice de La-Haye du 25 février et de la résolution adoptée par l’assemblée générale des Nations unies le 22  mai dernier. À la clôture de l’exercice, les responsables du Groupement des Réfugiés des Chagos, en l’absence du leader Olivier Bacoult actuellement à l’étranger, ont annoncé que quelque 300 Chagossiens ont exprimé le souhait d’être de ce voyage.

Cet enregistrement s’est déroulé dans l’ordre et la discipline, et surtout avec l’espoir de pouvoir retourner sur ses terres natales. Medgée Casimir, aujourd’hui 53 ans, accompagnée des membres de sa famille, n’a pas voulu rater l’occasion. Elle avait été expulsée de l’’archipel des Chagos alors qu’elle n’avait que 6 ans. “Mo kontan pou alle retruv mo lil natal. Mo ena lespwar pou alle retruv lakaz kot mo ti resté dan Peros Banhos”, dit-elle à Week-End en faisant queue pour remplir les formalités.

Le Groupement des Réfugiés des Chagos avait prévu trois tables d’enregistrement, soit pour les natifs de l’archipel – ceux qui ont véçu l’affront de se faire expulser par les Britanniques, deux autres pour les deuxième et troisième générations. Ces dispositions ont facilité cet exercice. “Tout s’est bien passé et les Chagossiens ont saisi l’importance de cet exercice. Nous venons d’accomplir un premier travail conséquent en vue de ce déplacement dans l’archipel”, a fait comprendre à Week-End Suzelle Baptiste en confirmant le chiffre de 300.S’adressant aux Chagossiens, elle a soutenu qu’il ne faudra pas s’attendre à voir tous les 300 faire partie du voyage aux Chagos, dont la date n’a pas encore été arrêtée ou annoncée. 

Quitter les Chagos sans condition

“Peut-être qu’il y aura un membre par famille à bord. Nous allons en discuter avec les autorités une fois les modalités du déplacement auront été arrêtées”, déclare-t-elle en ajoutant qu’exceptionnellement, des noms pourront être ajoutés à la liste, dans des cas d’empêchement exceptionnels.

Avec la quasi-confirmation que le Premier ministre  Pravind Jugnauth ne fera pas le déplacement à New York pour l’assemblée générale des Nations unies démarrant cette semaine, le représentant permanent Jagdish Koonjul se voit confier la responsabilité d’assurer le suivi sur le dossier des Chagos. Maurice s’attend à voir le secrétaire général, Antonio Gutteres, faire un rapport sur des développements intervenus depuis l’adoption de la résolution du 22 mai. En marge du 7e TICAD au Japon à la fin du mois d’août, le Pm avait eu l’occasion de passer en revue la situation sur les Chagos avec le SG de l’ONU, tout en mettant l’accent sur l’entêtement de la Grande-Bretagne de défier la résolution lui demandant de quitter les Chagos sans condition le 22 novembre prochain.

Affaire à suivre.