Certaines familles rencontrées samedi déterminées à résoudre leur problème de logement à Rivière-Noire

Mettant en avant l’occupation des terres dans la région par des projets immobiliers pour de riches ressortissants étrangers et des familles aisées, des habitants de Petite Rivière-Noire qui font face à des problèmes de logement maintiennent leur intention de s’installer sur des terres revendiquées par la compagnie Case Noyale Ltée. Samedi après-midi, celle-ci a informé Week-End de son intention de riposter légalement.

Les 200 familles de Petite Rivière-Noire qui ont décidé de s’installer sur un terrain dont des parcelles sont revendiquées par Case Noyale Ltée, une entité de la compagnie sucrière de Bel-Ombre, n’en démordent pas! Et de son côté, la compagnie Case Noyale Ltée, qui n’en est pas à son premier bras de fer avec des habitants de l’ouest, précisément Chamarel, pour les mêmes raisons, “compte s’appuyer, dit-elle, sur les lois et la collaboration des autorités compétentes pour faire respecter nos droits.”

La compagnie, qui dit avoir noté des piquets et des cordes sur des parcelles qui lui appartiennent, précise aussi “qu’il s’agit de terrains en toute propriété appartenant en bonne et due forme à Case Noyale Ltée.” Mais pour leur part, les familles rencontrées sur place hier matin sont déterminées, disent-elles, à démontrer le contraire. D’ailleurs, cette semaine, certaines d’entre elles assurent qu’elles se sont rendues au bureau du ministère des Terres et du Logement pour connaître le statut de ce terrain. “Nous avons rencontré le responsable du district de Rivière-Noire. Nous lui avons donné une carte satellitaire qui démontre clairement quels sont les terrains occupés par la compagnie de Bel-Ombre. Là où nous avons décidé de construire nos maisons, les terres ne sont pas privées. Il s’agit d’un State Land”, dit un des habitants de Petite-Rivière Noire. Et selon les familles, dans le passé, le terrain de la discorde aurait été entretenu par un service public. “Ce qui veut dire que c’est un terrain de  l’État!”, insistent-elles. Et de rappeler que la compagnie sucrière de Bel-Ombre n’a jamais occupé le terrain d’une manière ou d’une autre. “La preuve, ce terrain est devenu un dépotoir”, disent-elles. De part et d’autre, des ordures en tous genres ont été débarrassés sur le terrain.

“Nous allons créer le Squatters Resort Scheme”

Déterminées à construire des habitations temporaires sur le terrain de Petite-Rivière, les familles mettent en avant les problèmes de logement auxquels elles font face depuis des années, voire des générations. “En face de ce terrain, nous voyons La Balise Marina au loin. Toutes les terres ont été accaparées pour développer des projets de villas de l’Integrated Resort Scheme (IRS). Et toutes les terres seront accaparées pour des projets immobiliers qui ne nous seront pas accessibles. Dans ce cas, nous allons créer le Squatters Resort Scheme, car nous avons aussi droit à l’accès au logement. Dans la région de Rivière-Noire, il n’y a aucun projet de logement social pour les familles comme nous!”, scande un père de famille. Et d’autres voix précisent qu’elles sont disposées à s’acquitter d’un loyer si elles sont relogées dans des maisons sociales, à l’unique condition, disent-elles, “que celles-ci soient construites à Rivière-Noire.”

Par ailleurs, les familles rencontrées contestent unanimement les dires à l’effet qu’elles auraient été manipulées par le nouveau ministre du Transport, Alan Ganoo, également député de la région: “Personn, okenn politisien pann dir nou vinn lor terin. Il est faux de dire que c’est Ganoo qui nous a poussés à construire des maisons là.”

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