Avarts se permet de rêver Maurice en pôle africain dans le domaine de l’animation 3D. Un projet qui doit passer par la case départ : un centre de formation. Une réalité désormais avec le lancement d’une école à Maurice, hier après-midi, à la cybercité.
La 3D semble encore, pour nombre de Mauriciens, une technologie inaccessible, réservée aux pôles d’activités les plus compétents et plus connus. On s’imaginerait ainsi que la plus grosse industrie de développement 3D au monde devrait se situer à proximité de Hollywood. Histoire d’alimenter l’industrie cinématographique en images de synthèse.
Mais il n’en est rien. La réalité peut surprendre. Et c’est le discours que tient Satyen Bhujun, directeur du premier institut de formation en animation 3D, Avarts, lors du lancement officiel hier après-midi à la Cybertour 1 d’Ébène. Ce dernier tient à mettre les points sur les “i”. Déjà, il faut gommer les idées reçues : les leaders ne sont pas toujours occidentaux. « Prenons le cas de la Nouvelle-Zélande, 15 ans de cela, personne n’aurait dit qu’ils seraient numéro 1 aujourd’hui ». Il cite encore la Côte d’Ivoire et son industrie de doublage, l’Afrique du Sud, l’Inde et son industrie informatique d’où Maurice devait importer le concept de cyberîle. Selon Satyen Bhunjun, il ne s’agirait pas d’une utopie que d’envisager Maurice en pôle 3D compétitif.
Ce qui joue en notre faveur, selon M. Bhujun : le positionnement stratégique. Comme pour le portuaire, la logistique, les centres d’appels, Maurice jouit de la possibilité d’évoluer en passerelle entre ces nouvelles présences technologiques. Sans parler de l’éventuel flux de capitaux qui sont appelés à quitter le Vieux Monde dans les années à venir.
Par ailleurs, le pays est bilingue, ou polyglotte, une « valeur ajoutée non-négligeable ». Il évoque notre fort potentiel artistique qu’alimente le « brassage de culture » et le « métissage ». Satyen Bhujun imagine ainsi l’industrie 3D comme une opportunité concrète d’entrer dans l’industrie cinématographique.
Mais également, la 3D ne se limite pas à la entertainment industry. On parle de retombées pour l’industrie de la publicité, de la visualisation technique, médicale, du e-learning et de modélisation architecturale. Satyen Bhujun ajoute : « La 3D permettrait à la télé mauricienne de jouir d’une image contemporaine ».
L’institut de formation Avarts propose ainsi aussi bien des modules de base pour les apprenants débutants que des cours perfectionnés pour des professionnels en amélioration de compétences ou reconversion. Une diversité de programmes en production 3D, modélisation et texturisation 3D, visualisation architecturale, coloration et animation d’éléments graphiques ont été élaborés par des professionnels venus de l’Inde. Les cours sont MQA-approved. Trois formations d’initiation sont disponibles pour l’instant : Basic 3D Modeling and Texturing (6 semaines), Computer Graphics & 3D Animations for Advertising (3 mois) et 3D Architectural Visualization (3 mois).
Les ministres Jim Seetaram (PME, Coopératives et Protection des Consommateurs) et Vasant Bunwaree (Éducation) étaient également présents au lancement. Ce dernier devait signifier son intention de poursuivre avec l’informatisation de nos établissements scolaires. Commentant le programme Sankoré débuté il y a deux ans, Vasant Bunwaree affirme : « Il ne s’agit pas que d’équiper les collèges. La partie la plus difficile reste la traduction du contenu en langage informatique. 3D osi pou vini dan nou bann lekol ».