La ICT Job Fair de la société Business Parks of Mauritius Ltd revient cette année avec une cinquième édition. Objectif : faire mieux que les 3 000 visiteurs de 2011. Cette année 5 000 personnes sont attendues ces 9 et 10 mars pour 1 000 postes à pourvoir.
La cinquième édition de la foire de l’emploi du secteur des Technologies de l’Information et des la Communication (TIC) a lieu du 9 au 10 mars à la Cyber Tour 1 à Ébène. Cet événement annuel a réuni en 2011 plus de 3 000 intéressés aux secteurs du Business Process Outsourcing (BPO) et de l’informatique « pure ». Cette année, l’organisateur, Business Parks of Mauritius Ltd (BPML), s’attend à plus de 5 000 visiteurs sur les deux jours.
Lors d’une présentation de l’événement à la presse le mercredi 7 mars, le président de BPML Dharam Naugah a rappelé que la Job Fair devrait pourvoir « plus de 1 000 postes ». Et de faire ressortir la participation cette année des trois associations phares du secteur des TIC – l’Outsourcing & Telecommunications Association of Mauritius, la Chambre de Commerce et l’Institut français de Maurice et la Mauritius IT Industry Association – qui à elles seules représentent plus de 150 sociétés.
L’Assistant Marketing Manager de BPML Veena Ramdhur a par la suite explicité l’objectif de la Job Fair : présenter une industrie des TIC loin des clichés des centres d’appels. Certes, « les BPO seront représentées, affirme-t-elle, mais nous voulons également mettre en avant tous les corps de métier ». Et de mettre l’accent sur le fait que cette foire n’est pas destinée qu’au school-leaver de la HSC. Les diplômés sont aussi ciblés. Et pas seulement ceux spécialisés en informatique, mais aussi les comptables et autres financiers. Vingt-trois sociétés recruteront à travers la Job Fair. Notons, pour la première fois, la présence d’instituts de formation cette année.  
Plus-value
Parler des TIC, c’est parler de BPO, de télé agent – un cliché plutôt coriace. Les précédentes éditions de la Job Fair avaient d’ailleurs témoigné d’une certaine bousculade devant les guichets des centres d’appels. Mais l’on veut aujourd’hui souligner l’aspect « value-added » du secteur : ces métiers qui requièrent une formation plus pointue.
« Cette année parmi les 23 sociétés retenues, nous comptons plus de IT companies et de Solution Providers que pour les éditions précédentes », explique Veena Ramdhur. Les sociétés exigeant une « certaine expertise technique » – Accenture, Orange Business Services Ltd, DCDM Consulting, Ceridian (Mauritius) Ltd, Astek (Mauritius) Ltd, Infomil (Mauritius) Ltd, Business At Work (Baw), FRCI, Chesteroc, LINKBYNET, Microsoft Indian Ocean Ltd et State Informatics Ltd (SIL) – prédominent l’édition 2011.
Par exemple, SIL, spécialiste des services informatiques intégrés, ne recrute que pour les postes de Project Managers, Team Leaders, ingénieurs et consultants en informatique et senior IT engineers. Mais la moisson est loin des « 1 000 postes à pourvoir ». L’exercice de recrutement, selon toute vraisemblance, consiste en un vaste chantier de compilation de données. Selon Manaicha Veeruppen, Associate Talent Acquisition chez Ceridian, société experte en payroll management, il s’agit de compiler un « maximum de CV ». « On évolue dans un marché dynamique… D’un coup la demande pour des analystes peut augmenter. On doit réagir vite. »
Job Fair, donc ? Oui, mais Talent Fair aussi. Et selon toute logique, les postes requérant les compétences les plus « pointues » sont loin du nombre de 1 000. Les BPO et centres d’appels resteraient, cette année encore, les gros recruteurs.
Mismatch
On aura souvent servi les chiffres éloquents du secteur des TIC. Dharam Naugah, président de BPML, revenait sur le « taux de croissance de 13% à 14 % de ce secteur », de la contribution au Produit intérieur brut avoisinant les 6 %, entre autres. Mais d’édifier un certain « mismatch in demand and supply » en ces termes : « Bon nombre de promoteurs se plaignent du manque de personnel qualifié sur le marché local, ce qui représente un handicap certain dans leur niveau de rendement et leur incapacité à répondre aux exigences du marché. C’est la raison d’être de cette Job Fair annuelle. »
Or, il est difficile de faire accroire qu’une foire à l’emploi suffirait à combler des lacunes dans la formation. Naiim Hulkury, junior software engineer chez Infomil (société informatique recrutant software engineers – uniquement des diplômés) offre un aperçu de ce qui peut se dire dans le milieu TIC. « Ena enn mismatch. Liniversite bizin kapav prodwir output ki bizin ». Sandeep, software analyst chez Astek (société de software development – sitewebs ek applications iPhone et Android ) abonde dans le même sens : « Bagaz iniversiter-la tro bazik, pa ase teknik. »
Et d’évoquer le paradoxe des TIC : BPO et centres d’appels friend and foe (NdlR : à la fois ami et ennemi) de la croissance. Selon M. Hulkury, « bann zenes nek fini HSC rant dan BPO centres d’appel gagn cash ek pa anvi bouze… Zot pa anvi forme ». Les BPO et centres d’appel font toujours tourner la machine. Certainement. Mais, compte tenu de certains témoignages, une certaine forme d’inertie lorgne. Alors, BPO et Call Centres, des moteurs ? Ou seraient-ils des parasites de la vision à long terme d’une économie intelligente ?
La Job Fair prend fin à 16 h 00 cet après-midi.