Dans son message de circonstance pour la Noël, qui sera célébrée ce mercredi 25 décembre, le Cardinal Maurice Piat met l’accent sur la famille. Le religieux, qui est de tous les combats depuis toujours, réussit, une nouvelle fois, de ramener la priorité au centre des débats. Sa nouvelle prise de position ne peut qu’être, une fois de plus, saluée. La famille est effectivement le centre nerveux de la société. Et il est malheureux de constater que cette cellule familiale mauricienne s’effrite dangereusement, depuis plusieurs années maintenant, sans que grand-chose ne soit mis en œuvre pour y remédier. Les (trop) nombreux cas d’agressions sexuelles sur les enfants, par exemple, les viols et autres types d’abus, font régulièrement la une des journaux et le tour des médias. Pour le nouveau gouvernement en place, il ne semble pas que ce soit une priorité… Peu de provisions de structures d’aides et d’accompagnement, et de projets, tant sur le court, le moyen et le long terme pour réparer les dégâts, et trouver des pistes pour répondre à ces problèmes.

Cette année 2019 a été des plus dures sur ce plan. L’un des derniers cas en date — celui de cette fillette séquestrée par un voisin et qui a été victime d’attouchements sexuels — est venu nous rappeler à quel point notre sécurité est précaire, menacée et fragile. Serait-on de nouveau à une époque, à Maurice, où l’on devra faire preuve d’une vigilance extrême afin de protéger nos enfants ? La question concerne la confiance. Quand on sait que l’inceste est un mal qui perdure au sein des familles, et que Maurice est loin d’en être à l’abri, que l’omerta est scrupuleusement observée à cause du qu’en-dira-t-on, surtout dans notre société microcosmique, et que, pour reprendre le cas de la fillette citée plus haut, le danger rôde donc partout, la tentation vers des méthodes répressives est évidemment prisée dans ces contextes.

Mais sont-elles efficaces, ces méthodes qui prônent la répression ? Ont-elles fait leurs preuves ? Est-ce qu’il ne faudrait pas davantage une approche holistique, incluant toute la cellule familiale comme le voisinage, bref, un projet de société, pour arriver à comprendre les dysfonctionnements, identifier les failles, recenser les victimes et les prendre en charge. Et, élément à ne pas oublier : intégrer également les agresseurs, les prédateurs et autres dans un programme de réhabilitation. Car reléguer ces derniers dans les prisons n’est pas la solution finale. Plusieurs pays l’ont compris et ont déjà pris les devants. Dans le cas des femmes victimes de violences, par exemple, la tendance penche vers le placement des agresseurs dans des foyers où ils sont pris en charge par des psys et des accompagnateurs, dans le but de comprendre et maîtriser leur colère, plutôt que d’uniquement éloigner les femmes et les enfants des maris/conjoints violents ! Cette méthode donne des résultats.

Au chapitre de la sécurité, on mentionnera aussi les appréhensions qui semblent très justifiées d’ailleurs du leader de l’Opposition, le Dr Arvin Boolell, en ce qui concerne le contrat résilié d’Italcertifer pour que le Metro Express prenne les rails, ce dimanche 22. En effet, s’il y a un engouement populaire, comme on l’a vu lors des exercices de distribution de tickets pour la période de gratuité, l’on ne peut s’empêcher de se demander si le gouvernement n’a pas agi dans la précipitation… Est-ce que la pression populaire était trop grande et que pour éviter un effet contraire, on a préféré résilier le contrat des Italiens et l’octroyer aux Singapouriens ? Quels sont les risques d’un tel changement pour les personnes qui vont voyager dans ces véhicules ? Et quid de la sécurité ? Autant de questions qui, espérons-le, ne resteront pas sans réponse…

L’on ne peut que prier que rien de fâcheux n’arrive en cette période qui, traditionnellement, se conjugue aux festivités, détente et plaisir en famille !