La messe annuelle du tourisme sera célébrée demain en l’église Saint-François D’Assise, autour du thème « un milliard de touristes, un milliard d’opportunités de valoriser notre patrimoine. Nature, Culture, Histoire : sources d’étonnement et d’émerveillement ». L’église Saint-François d’Assise, à Pamplemousses, revêt un caractère historique dans la mesure où elle est la plus vieille église du pays et a été construite sous l’impulsion du Père Laval, citoyen français. L’anniversaire de sa mort, le 9 septembre, est commémoré aussi bien à Ste-Croix qu’à Pinterville en France.
Pour Monique Dinan, membre de la Commission diocésaine du tourisme, le choix de l’église Saint François d’Assise pour la célébration de cette 27e messe du Tourisme est une belle coïncidence car elle sera dite au moment où on célèbre les 300 ans de l’arrivée des Français sur l’Île aux Tonneliers. « Cette cérémonie constitue comme une bénédiction de tout le calendrier d’activités mis sur pied pour célébrer le tricentenaire. Le personnel des hôtels qui va être très impliqué aura l’occasion de venir implorer la bénédiction de Dieu sur leur travail et leurs familles », a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse la semaine dernière.
Une autre coïncidence, ajoute-t-elle, est que cette église construite au départ par Mahé de La Bourdonnais se trouve proche du Jardin de Pamplemousses, un patrimoine national, « en cette année où notre pape François nous a donné une belle encyclique consacrée à la protection de l’environnement ».
« Les trésors de notre histoire et de notre patrimoine ne sont pas destinés uniquement aux touristes de passage pour les attirer et leur expliquer notre île métissée. Ils interpellent aussi les Mauriciens qui doivent être conscients que ces biens transmis par les fils du sol doivent être sauvegardés et mis en valeur », a insisté Monique Dinan.
Emmanuel Richon, conservateur du Blue Penny Museum, s’est appesanti sur le tourisme culturel qui répond à deux changements majeurs d’une échelle planétaire qui nécessitent d’être pris en compte, à savoir une évolution de la demande et une adaptation de l’offre. « On observe une banalisation et une uniformisation des produits, liées à la globalisation, ce qui peut comporter des risques de lassitude. Par ailleurs, il existe une modification des attentes côté touristes : d’une culture des trois “s” (see, sand, sun), le visiteur occidental a inversé certaines données présentes il y a encore dix ans : le soleil est synonyme de cancer… », constate-t-il.
En termes d’économie touristique, poursuit Emmanuel Richon, le problème n’est pas de faire venir, mais plutôt de faire revenir le client. La dimension culturelle spécifique est seule à même d’engendrer une envie de revenir pour ce qui n’aurait pas encore été vu.
En ce qui concerne l’évolution de l’offre, Emmanuel Richon constate « des lacunes incroyables » au niveau territorial : des lieux inexploités ou sous-exploités, des potentialités de développement, des poches géographiques, des niches de développement. Cela a, selon lui, des conséquences en termes d’emplois directs ou indirects, de vente de produits dérivés. Il constate un manque de réelle synergie entre différents protagonistes. « Chaque institution, chaque ministère, chaque ONG défend volontiers son “pré carré” et préfère ne rien entreprendre plutôt que de se défaire d’un site dans l’intérêt du pays et au profit d’un autre ministère », souligne-t-il.
Daniel Saramandif, président de l’Association of Tourism Professionals (ATP), a rappelé qu’à l’initiative de la commission diocésaine un code d’éthique a été préparé et a fait l’objet d’un accord signé en 2011 entre la MTPA et CDR. Le code d’éthique a été traduit en neuf langues : anglais, kreol, hindi, arabe, mandarin, allemande, russe, italien et espagnol. Le but est de faire passer le message à la population entière.
Rolan Isabel a, de son côté, insisté sur le rôle essentiel du guide touristique dans la valorisation du patrimoine. Il rappelle que le guide dans son intervention valorise l’aujourd’hui tout en actualisant le passé et en relatant l’histoire de ces grands hommes qui ont été les fondateurs de notre nation. « En faisant parler les pierres et les vestiges qui sont des héritages de ce même passé, il préserve et consolide le socle de notre identité », observe-t-il.