Chaude ambiance à Vacoas pour un 1er-Mai. Le mauvais temps de la veille a fait place à un soleil radieux, cuisant, même, au plus fort du meeting, vers midi. Des partisans des quatre coins de l’île s’étaient ralliés à la place du marché, non loin de la gare. Toutes les artères principales de Vacoas étaient impraticables en ce jour du marché traditionnel…
Pas de « révélations » ni d’énonciations des noms des « parrain et marraine » de l’affaire MedPoint, comme promis. L’alliance gouvernementale à Vacoas a préféré jouer la carte du « règlement de comptes ». L’élément de surprise qui a, en quelque sorte volé la vedette à l’événement a été sans conteste la présence d’Ashock Jugnauth, leader de l’Union Nationale, sur l’estrade rouge-bleu.
Quand son nom a été prononcé par Patrick Assirvaden, qui assurait l’animation au meeting rouge-bleu à Vacoas, Arvin Boolell terminait son allocution. Le ministre des Affaires étrangères a d’ailleurs été interrompu par l’arrivée de Navin Ramgoolam. Il était alors 10 h 55. Patrick Assirvaden a présenté Ashock Jugnauth comme celui qui « a été trahi par son allié. Celui qui a poussé l’ancien locataire du Réduit à émettre un communiqué. Anou fer plas pou li… » Dans la foule, une même interrogation, teintée d’étonnement et de confirmation : « Limem invite sirpriz-la ?! »
Quand « l’heure du règlement des comptes » qui précédait le discours de Navin Ramgoolam a sonné, la foule était en délire. Les partisans ont pris d’assaut l’estrade, surtout pour s’approcher des écrans géants des deux côtés de l’estrade sur lesquels défilaient les images montrant Paul Bérenger intervenant à un meeting organisé par le MMM en février 2011 à la place des taxis à la Louise, à Quatre-Bornes. Ce meeting, entièrement consacré à l’affaire Medpoint, ciblait surtout la famille Jugnauth et posait les premières bases de ce que M. Bérenger a lui-même baptisé de « scandale du siècle ». Le « aster zot kone ki la vérité » de Navin Ramgoolam à l’issue de la courte projection, aura suffi à mettre le feu à une foule très colorée et déjà chauffée à blanc.
Gonflé à bloc par l’accueil de la foule nombreuse sur la place du marché à Vacoas, Navin Ramgoolam n’a pas épargné ses deux adversaires du jour : Anerood Jugnauth et Paul Bérenger. Il s’est livré à un véritable règlement de comptes en remontant jusqu’au début des années 1970. Il a été très loin dans ses attaques contre SAJ allant jusqu’à rappeler que celui-ci, qui a été Premier ministre et président de la République, coûte des millions de roupies au gouvernement en termes de pensions, d’assurance et de frais de voyage.
Pour un discours prononcé à la mi-journée devant un public en mouvement, il faut reconnaître que l’intervention du Premier ministre a été un peu trop long. Ce qui explique qu’une partie de la foule a quitté la place du marché sans entendre en direct la fin de son intervention.
Rashid Beebeejaun, qui a précédé le PM au micro, n’y est pas allé de main morte envers l’ancien président de la République : « SAJ so prinsip dan lavi, ou kone ki ete ? Se servi so prosin pou so lintere. Li finn fer sa ek SSR, ek sir Gaëtan Duval, ek Paul Bérenger, ek Navin Ramgoolam. Apre tou pa limem ki finn dir “Moralite na pa ranpli vant” ? »
C’est surtout ce ton de « règlement de comptes » qui a ponctué le meeting de Vacoas. Chacun des intervenants, de Shakeel Mohamed, qui a ouvert le bal, aux alentours de 09 h 50 au PM en passant par Anil Bachoo, Sheila Bappoo, pour ne citer qu’eux, y est allé de ses attaques sur leurs rivaux du jour.
La foule très bon enfant ne s’est pas lassée de relancer les pics des intervenants et s’est dispersée dans le calme, prenant d’assaut les autobus. Direction : les plages de l’île !