• Jocelyn Kwok, de l’AHRIM : « Nous n’allons pas participer à ce projet »

Mahébourg Otentik, une Ong qui regroupe plusieurs habitants de la région, et dont les porte-parole sont Johann Bissessesur, Sufyaan Aubeeluck et Natasha Magraja, n’est pas opposée au projet Mahébourg village touristique, annoncé dans le budget 2018-2019. Ce projet a pour but d’exploiter le potentiel de Mahébourg comme village touristique. « Il faut absolument qu’il y ait de vraies consultations pour le projet, non seulement avec quelques agents politiques. Ce projet ne peut être confié qu’aux trois conglomérats du secteur privé. En tant que Mahébourgeois, nous avons aussi notre mot à dire », insistent les porte-parole.

Dans une autre lettre adressée le 14 février 2019 à Anil Gayan, ministre du Tourisme, les membres de Mahébourg Otentik disent vouloir une copie du Tourism Development Plan for Mauritius (TDPM) datant de 2002. « Nous avons eu l’opportunité de prendre connaissance de quelques extraits du document et celui-ci semble répondre positivement à nos attentes. La vision préconisée par le TDPM correspond aux valeurs et aux idées directrices de notre mouvement. En accord avec ce plan, notre groupe de travail entend ainsi proposer un plan de développement à l’échelle humaine. Celui-ci sera basé sur l’authenticité précieuse de la région et sur la beauté naturelle si unique et fragile de notre environnement. »

Johann Bissessur ne veut pas que le paysage de Mahébourg soit transformé en une masse de béton comme à Grand-Baie ou Flic-en-Flac. « Nous voulons apporter notre contribution à ce projet et que tout se passe dans la transparence », dit-il.

Pour rappel, une réunion avait eu lieu concernant ce projet au bureau du ministre Anil Gayan à Port-Louis le jeudi 21 février dernier, à laquelle avaient assisté plusieurs instances telles que Mauritius Telecom, Save our Wetlands, la Road Development Authority, Mahébourg Otentik, des représentants de différents ministères, ceux de l’Environnement, des Infrastructures publiques, des Terres et du Logement, du National Heritage Fund et Jocelyn Kwok, Chief Executive Officer (CEO) de l’Association des hôteliers et des restaurateurs de l’île Maurice (ARHIM).

Le ministre Gayan avait informé ce jour-là que Mahébourg village touristique « sera un projet entre le gouvernement et le secteur privé ». Quant au secrétaire permanent du ministère des Affaires étrangères, Mme Seewooruthun, elle avait expliqué aux différents représentants qu’une première consultation avait eu lieu au collège d’État Emmanuel Anquetil le 13 juillet 2018. Elle avait présenté le même jour le plan du projet incluant la rénovation du pont Cavendish à Mahébourg, les panneaux de signalisation, le nettoyage régulier de Rivière-La-Chaux, l’embellissement de Pointe Régates, l’installation d’écriteaux en langue chinoise.

Selon Sufyaan Aubeeluck de Mahébourg Otentik, plusieurs artistes, peintres, architectes les ont approchés pour aider volontairement à réaliser ce projet. « Ils sont impatients. Ils veulent connaître au plus vite la démarche du ministère. Ces quelques propositions vont-elles aider à transformer le village de Mahébourg ? Je ne le crois pas », a-t-il poursuivi sur un ton ironique

En ce qui concerne l’AHRIM, Jocelyn Kwok, son CEO, avait informé au cours d’une réunion que son secteur avait l’intention de s’engager financièrement dans ce projet mais que « it will be difficult to indicate the extent of their financial contribution at that moment. »

Interrogé vendredi après-midi, Jocelyn Kwok a répondu que l’AHRIM a sollicité plusieurs instances locales et internationales pour une aide financière pour le projet Mahébourg village touristique. « C’était sans succès. Nous n’allons donc pas participer à ce projet », a-t-il dit de manière catégorique.

Pour rappel, après la réunion, le ministre Anil Gayan avait dit qu’il était déçu par l’attitude des parties prenantes concernant ce projet. « Proze pas pe bouze dan landwra akoz stakeholders, pa akoz gouvernman. J’attendrai des propositions concrètes, surtout pas de ceux qui font des déclarations à la presse et qui restent inactifs. »