Xavier Duval réitère : « Aucun soutien du ministère à une révision à la hausse du Key Repo Rate dans la conjoncture »
A la fin de la semaine dernière, le montant des excédents de liquidités est passé de Rs 11,1 milliards à Rs 7,8 milliards (10,10 %)
En janvier, la dette locale s’élevait à Rs 150,7 milliards, soit Rs 10 milliards de plus comparativement à il y a un an
La polémique post-Monetary Policy Committee entre la Banque de Maurice et le ministère des Finances est loin d’être bouclée mais le ton adopté semble être bien moins virulent en cette fin de semaine. Ainsi, presque huit jours après, le ministère des Finances est revenu à la charge avec un autre communiqué de trois pages pour mettre les points sur les “i” au niveau du Key Repo Rate et de la gestion des excédents de liquidités dans le circuit monétaire. La politique prônée par le gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, en matière de taux d’intérêts et d’excédents de liquidités est contestée par le ministère des Finances en des termes plus diplomatiques. Par ailleurs, le dernier relevé effectué par la BoM au cours de la première semaine de février indique que le montant des Excess Liquidity, qui avait atteint une pointe de Rs 11,1 milliards au 23 janvier, a baissé pour se retrouver à Rs 7, 8 milliards (10, 10 %). Par contre, la dette locale continue à grimper pour atteindre Rs 150, 7 milliards contre Rs 140, 7 milliards, comparativement à janvier de l’année dernière.
Après une première série de passe d’armes le weekend dernier, le ministère des Finances réitère son opposition des plus catégoriques à toute augmentation du Key Repo Rate dans la conjoncture économique. « Même si en certaines périodes, il y a des raisons valides pour augmenter le loyer de l’argent, le ministère tient à s’appesantir sur le fait que toute majoration du Key Repo Rate ne réduirait pas les excédents de liquidités. Le contraire serait vrai vu la tendance à réduire la demande pour de nouveaux prêts et accroître le volume des excédents de liquidités », note le communiqué des Finances émis à la mijournée.
« The ministry of Finance would therefore not support an increase in the Key Repo Rate in the current circumstances », poursuit le ministère, qui maintient qu’il n’y a aucune corrélation entre les taux d’intérêts et le niveau de l’épargne national.
Toutefois, la majeure partie de l’argumentation du ministère des Finances dans ce nouvel épisode avec la Banque de Maurice porte sur la question des excédents de liquidités. Le ministère des Finances engage la responsabilité de la Banque de Maurice. « It is clear that an increase in the Key Repo Rate is not the best tool for reducing excess liquidity », affirme d’emblée le communiqué, qui a eu le feu vert du vice-Premier ministre et ministre des Finances, en faisant état de plusieurs causes à ce problème, dont :
– une demande insuffisante de prêts auprès des banques et des institutions financières,
– des achats de devises étrangères par la Banque de Maurice pour consolider les réserves officielles, « albeit justifiable to improve sovereign risk »,
– des signaux réguliers et persistants émanant de la Banque Centrale en faveur d’une éventuelle révision à la hausse des taux d’intérêts, et
– les règlements macroprudentiels adoptés, dont des restrictions dans des emprunts consentis par des banques.

Le ministère des Finances concède également que « Government debt management policies, focusing on lengthening debt maturity to reduce roll-over risk and optimise the cost of debt, may also have a similar effect. So may Government transactions to finance development like, for instance, the financing of the airport extension project at very low cost by the Chinese Government ».
Impératifs du développement
Tout en soulignant que les excédents de liquidités ne doivent pas constituer des contraintes aux impératifs du développement, le ministère répond aux critiques précédentes de la Banque Centrale en énumérant différentes initiatives. Durant le week-end, la Banque Centrale avait demandé au ministère d’honorer ses engagements par rapport aux excédents de liquidités.
Les dernières statistiques publiées sur le Website de la Banque de Maurice, ce matin, indiquent que le montant des excédents de liquidités est descendu de Rs 11, 1 milliards au 23 janvier à Rs 7, 8 milliards, soit le niveau le plus bas depuis le 26 décembre de l’année dernière. A la fin du mois courant, la Banque de Maurice en collaboration avec le ministère des Finances prévoit deux émissions de Bons du trésor, soit Rs 600 millions aujourd’hui et un montant similaire le 21.
« The Ministry has, in recent months, adapted its debt financing strategy in order to avoid exacerbating the excess liquidity situation », affirme le ministère en faisant état d’interventions sur le marché pour lever des fonds de Rs 2, 5 milliards en vue de financer les besoins d’emprunts supérieurs du gouvernement au lieu d’avoir recours aux « unremunerated cash balances (of government) with the Bank of Mauritius ».
Sans s’interroger sur la pertinence des mesures prises par la Banque de Maurice pour stériliser les excédents de liquidités, le ministère des Finances fait également état d’un montant de Rs 9, 9 milliards d’Unremunerated Cash Balances à la Banque de Maurice au lieu de placements dans des banques commerciales, un dépôt de Rs 1 milliard en garantie pour un corps para-étatique à la demande de la Banque de Maurice et des investissements de Rs 5, 4 milliards à l’étranger.
Le ministère des Finances s’appuie sur les actions au niveau du Fast Track Committee sur les investissements sur des projets majeurs avec le déboursement des prêts en atténuant la pression sur les excédents de liquidités.
D’autre part, le vice-Premier ministre et ministre des Finances se félicite de la décision de la Banque de Maurice de revoir ses « modeling practices for inflation forecasts » avec l’assistance du Fonds monétaire international. « Overestimation of inflation by the Central Bank has been systematic in recent years and not limited to just 2013. This highlights the importance for the Bank of Mauritius, which considers that its primary objective is to maintain price stability, to review its modeling practices », ajoute le ministère en lançant une flèche contre la Banque de Maurice.
Le communiqué du ministère des Finances demande que la réputation et l’intégrité du Monetary Policy Committee ne doivent nullment être minées dans le cadre de cette polémique. Une nouvelle pique à l’encontre de Manou Bhenick, qui a été très sévère vis-à-vis des membres de cette instance pour leur refus d’accéder à une hausse du Repo Rate.
Toujours en ce qui concerne la gestion des finances publiques, la Banque de Maurice a révélé ce matin que le montant de la dette locale a augmenté de l’ordre de Rs 10 milliards en une année, passant de Rs 140,7 milliards en janvier dernier à Rs 150, 7 milliards à la fin du mois dernier. Les composantes de la dette locale se répartissent comme suit : Short Term Obligations : Rs 51, 5 milliards, soit Rs 6 milliards de plus qu’il y a un an ; Medium-Term Obligations : Rs 64, 3 milliards, Rs 1,5 milliard de plus et Long Term Obligations : Rs 34, 9 milliards, soit Rs 4 milliards de plus.