Pravind Jugnauth a joint la parole aux actes cette semaine en engageant des poursuites en cour contre ceux qu’il considère comme ses principaux détracteurs dans le cadre de l’affaire Angus Road, à savoir d’une part le groupe de La Sentinelle et, d’autre part, le leader de l’opposition, Arvin Boolell. Sa démarche fait suite à sa conférence de presse durant laquelle il avait, pour la première fois depuis le début de la polémique, donné sa version des faits.
Certains éléments de sa déclaration sont d’ailleurs contestés par ses adversaires. Cette affaire, qui a défrayé la chronique depuis plusieurs semaines, a donné lieu à plusieurs conférences de presse, avec des révélations les unes plus fracassantes que les autres. Elle a aussi fait monter la tension à l’Assemblée nationale durant au moins quatre semaines consécutives, donnant lieu à des affrontements verbaux entre les parlementaires de la majorité et ceux de la minorité, notamment lors des Private Notice Questions en direct à la télévision.
La population, à la lumière des informations déversées sur la place publique, s’est sans doute fait sa propre idée de toute cette affaire. Chacun, dépendant de la position où il se place, a, au fond de son coeur, sa propre vérité. Heureusement que la vérité est indivisible. Au-delà de la volonté du Premier ministre de chercher à rétablir sa réputation, qu’il considère avoir été ternie par les accusations faites contre lui, le procès qu’il intente devrait permettre d’aller à la recherche de la vérité. Il n’y a qu’une seule vérité. Seule la justice sera en mesure de peser le pour et le contre, et de faire remonter la vérité à la surface.
Lors de sa conférence de presse la semaine dernière, Pravind Jugnauth avait fait comprendre que, même s’il demande dans ses plaintes des dédommagements pour les atteintes contre sa réputation, l’argent importe peu pour lui. Ce qu’il cherche, c’est de rétablir sa réputation et celle de sa famille. Nous ne pouvons donc que souhaiter que cette affaire soit entendue et traitée dans les plus brefs délais en priorité par la Cour suprême. Cela serait bon aussi bien pour les parties concernées que pour le pays. Le Premier ministre ne pourra pas se permettre d’opérer avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, et le pays ne pourra se permettre de rester dans le doute plus longtemps. Private Prosecution ou pas, nous faisons confiance à la Cour suprême, rempart contre toute entorse à la vérité.
La semaine écoulée a été très riche en événements et les Mauriciens garderont un bon souvenir de la visite officielle effectuée par le président des Seychelles, Wavel Ramkalawan. Il aura réussi en deux jours à conquérir le coeur de beaucoup de Mauriciens. En surmontant toutes les difficultés de la crise sanitaire, de la fermeture des frontières et des critiques dans son propre pays, le nouveau président a démontré l’importance qu’il accorde aux relations entre nos deux petits États insulaires dans la région de l’océan Indien. Il a voulu que cette visite soit non seulement une célébration, mais aussi un symbole de fraternité qui lie nos deux nations en choisissant Maurice pour sa première visite officielle à l’étranger, alors qu’il est en présence d’une série d’invitations, notamment de l’Inde.
L’occasion aussi pour le Premier ministre de féliciter la République de Seychelles pour avoir fait la démonstration d’une maturité démocratique et pour avoir réussi une transition en souplesse des pouvoirs après les élections présidentielle et générales en octobre dernier. Mais Wavel Ramkalawan devrait également être cité en exemple pour n’avoir limogé aucun fonctionnaire, ni au niveau de la présidence, ni au niveau du gouvernement. « Chacun doit pouvoir apporter le pain sur sa table », a-t-il dit, en expliquant qu’il a accordé la liberté d’action aux fonctionnaires.
Nous retiendrons également la solidarité avec Maurice sur plusieurs dossiers, dont ceux des Chagos et de la candidature de Maurice pour un siège non permanent au conseil de sécurité, et surtout sa volonté d’aller au-delà des belles paroles pour passer aux actes. Nous le remercions pour cette visite et vive la coopération entre nos deux pays, qui ont non seulement la mer en commun, mais aussi l’histoire, la langue et la culture.