GANESSEN ANNAVEE

Les Mauriciens de culture tamoule ont la chance d’avoir été épargnés d’un couvre-feu sanitaire local pour Aadi, moment fort du calendrier culturel le dimanche 2 août prochain, fête quoique célébrée dans une atmosphère tendue en raison de la crainte d’une deuxième vague de ce fléau qu’est la COVID-19. Cependant, même en l’absence de conditions idéales, Aadi n’aura rien perdu de sa valeur intrinsèque et de son symbolisme intemporel. Ce renouvellement d’un engagement de fidélité envers les vœux du mariage nous procure ce sentiment de contribution, selon nos coutumes ancestrales, au regard de cet effort planétaire pour la sauvegarde d’une institution, aujourd’hui menacée par des tendances émergentes qui se posent en symboles de la ‘modernité’…

Force est de constater que malgré toutes les énergies déployées, à la fois par les religieux et les laïcs, dans toutes les cultures, la banalisation de ce sacrement qu’est le mariage continue de prendre de l’ampleur. Un signe des temps ? Cependant, nous ne baisserons pas les bras pour autant, non seulement pour nous assurer que ces unions durent dans le temps, mais  pour préserver la portée même de cette institution. Aadi certes fut instituée il y a des millénaires par l’humain, et son essence permet de songer à l’inspiration divine qui y est associée!

À un moment où l’on s’agite de par le monde pour essayer de remettre les choses en ordre et de rétablir la ‘normalité’ de la vie quotidienne, quel que soit l’effort requis, Aadi demeure une priorité. Les rituels et la cérémonie d’Aadi ne durent certes qu’une journée, mais l’esprit qu’elle anime doit se prolonger sur toute la durée d’une vie pour ceux et celles qui s’engagent dans cette aventure.

Se remémorer que les liens indissolubles du mariage n’ont rien d’excessif tant que cela sert de repère. Et comment oublier ces veuves, autrefois des habituées du changement du ‘thaali’ et dont nombreuses sont des exemples de fidélité au regard d’un engagement qu’elles ont honoré jusqu’à la mort du conjoint, ou encore les familles stables qu’elles ont contribué à bâtir?

Que le mariage soit honoré par tous les hommes et les femmes concernés et que le lit conjugal puisse conserver sa pureté ! Permettez-moi de féliciter toutes celles qui auront le privilège, dimanche 2 août, de participer à ce rituel haut en couleur, tout en leur souhaitant encore de nombreux jours dans leur vie conjugale.

Oungal anaivarukkum Aadhi Padinettaam Perukku Vizhaa Nalvaazthukkal.

Nandri et Vanakkam.