SHAAMA SANDOOYEA

Licenciée en sciences marines et environnementales de l’Université de Maurice

Membre (de l’équipe de coordination) du mouvement de protestation Fridays For Future Mauritius

L’acanthaster (Acanthaster planci) est une grosse étoile de mer rougeâtre ou marronnée, voire même grisâtre, possédant des douzaines de bras. Toute sa superficie est recouverte de longs piquants mobiles et contrairement aux autres étoiles de mer, elle est venimeuse. Ses piqûres libèrent un venin, appelé « asterosaponin », pouvant causer des douleurs très désagréables et des malaises. Les acanthasters sont naturellement présentes en faible quantité sur les récifs coralliens où elles jouent un rôle important dans l’écologie des coraux. Afin d’accroître la diversité des coraux sur les récifs, les acanthasters se nourrissent de coraux à croissance rapide (l’Acropora) permettant ainsi aux autres coraux de grandir (par exemple les Porites). Une acanthaster peut consommer environ 6 mètres carrés de coraux par an. Bien que la présence de ces étoiles de mer soit normale, si elles apparaissent en forte densité (une explosion de population), elles représentent un grand danger pour les coraux. De plus, les acanthasters ont une préférence pour les coraux déjà affaiblis. La densité naturelle des acanthasters sur les récifs coralliens varie d’une région à l’autre, mais ces grosses étoiles de mer peuvent contribuer jusqu’à 90% de la destruction des récifs coralliens. Elles reproduisent pendant la saison la plus chaude et une femelle peut émettre de 4 à 65 millions d’œufs en une fois, la capacité de reproduction étant positivement liée à leur masse corporelle. Très peu d’espèces peuvent attaquer une acanthaster adulte et la manger, parmi, le triton géant. Cependant, à cause de la surpêche des tritons dans les eaux à Maurice (au point où ils sont localement éteints), les acanthasters ont proliféré. Les biologistes marins et scientifiques tentent de contrôler la population de cette étoile de mer qui ravage nos récifs coralliens.

Photo credit : Shaama Sandooyea

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Poisson-clown de Maurice

Photo credit : Shaama Sandooyea

Le poisson-clown (Nom scientifique : Amphiprion chrysogaster) de Maurice est un poisson endémique des Mascareignes qui mesure entre 9 et 15 centimètres. Ce poisson est reconnaissable grâce à son corps de couleur foncée et ses trois bandes blanches – une à l’arrière des yeux, une deuxième au milieu du corps et une dernière à la base de sa queue. Son menton et ses nageoires latérales sont jaune-orangé. À Maurice, on peut les observer dans les lagons ou les récifs coralliens à Mahébourg tout comme au nord de l’île et jusqu’à 40 mètres de profondeur. Le poisson-clown vit en symbiose avec les anémones. La symbiose est une relation écologique entre deux organismes de différentes espèces qui se soutiennent. Dans ce cas, le poisson protège l’anémone en attaquant les poissons-mangeurs de tentacules (par exemple les poissons-anges et poissons-papillons) et l’anémone devient une maison pour celui-ci en le protégeant de ses prédateurs. En effet, les tentacules de l’anémone relâchent des micro-seringues de venin dès qu’une proie ou un prédateur se rapproche (y compris les humains). Cependant, les poissons-clowns sont insensibles à ce venin, car dès la fin du stade larvaire, ils sont exposés aux tentacules de l’anémone et le mucus des tentacules recouvre les œufs et les immunise. Les poissons-clowns se nourrissent de petits copépodes, de larves de tuniciers et également d’algues présentes sur les tentacules des anémones (dans des eaux peu profondes). Le poisson-clown est hermaphrodite protandre – c’est-à-dire le poisson est tout d’abord mâle et puis se transformera en femelle. La femelle est plus grosse que le mâle et sa mort provoquera la transformation du plus gros mâle du groupe en femelle afin d’assurer la reproduction. Un mâle immature deviendra alors le plus grand mâle reproducteur. Compte tenu de son endémisme, il est interdit de garder des poissons-clowns de Maurice dans un aquarium.

Photo credit : Shaama Sandooyea

Poisson-perroquet

Les poissons-perroquets forment une grande famille (Scaridae) de poissons vivement colorés (turquoise, violet, rose, jaune, vert) présents dans les régions tropicales et subtropicales autour de monde. Des facteurs tels que l’âge, le sexe et le rang social déterminent leurs couleurs. Ces poissons ont également une caractéristique très particulière au niveau de leur mâchoire avec des dents fusionnées (soudées entre elles) et un bec robuste. Comme ils sont principalement présents dans une zone de 1 à 10 mètres, leur habitat est composé de lagons coralliens, de pentes récifales et de récifs externes. Actifs pendant le jour, les poissons-perroquets peuvent parcourir leur territoire, seuls ou en groupes homogènes (avec d’autres poissons-perroquets) ou en groupes mixtes (avec d’autres poissons herbivores) afin de s’alimenter. Les poissons-perroquets se nourrissent essentiellement d’algues et quelques fois de polypes – ils extraient les algues des coraux en les broyant, assimilent les algues et rejettent le calcaire ingéré en sable corallien qui permettra de stabiliser les coraux et former des plages de sable blanc. En effet, ces poissons ont un rôle écologique très important pour les récifs coralliens, car ils soulagent les coraux des algues envahissantes permettant ainsi aux coraux de grandir plus vite et d’être en meilleure santé. La nuit, les poissons-perroquets dorment dans un cocon de mucus qu’ils sécrètent, et qui agit comme une protection contre les prédateurs. Contrairement aux poissons-clowns, les poissons-perroquets peuvent être des hermaphrodites protogynes – c’est-à-dire que l’animal est tout d’abord femelle (du stade juvénile à la maturité sexuelle) et peut devenir mâle au stade terminal. Les adultes matures sont mâles ou femelles et seul le mâle dominant peut se reproduire avec les femelles du groupe. Le mâle dominant défend le territoire et, à sa mort, un individu mâle ou une femelle qui changera de sexe, le remplacera.

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