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André Pouillès-Duplaix, de l’AFD : « La lutte contre le changement climatique liée aux trajectoires de développement »

Le directeur de l’Agence française de développement (AFD), André Pouillès-Duplaix, s’apprête à terminer sa mission à Maurice à la tête de cette agence dans les prochains mois. L’occasion aussi pour lui de prendre sa retraite après une riche carrière passée au sein de l’AFD. Dans l’interview qu’il nous a accordée, il fait le point sur l’action de l’agence à Maurice. « L’AFD se positionne comme un partenaire privilégié de Maurice qui, au-delà de l’apport de financements, peut mobiliser des expertises et un savoir-faire pour répondre aux enjeux de renforcement des capacités, de formation et d’accompagnement du changement », dit-il. Il évoque également le rôle joué par l’AFD dans l’émergence du concept de développement durable dans l’île. Concernant la lutte contre le changement climatique, il considère qu’elle est « indissociablement liée aux trajectoires et politiques de développement de chaque pays ».

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L’AFD a célébré ses 80 ans d’existence en décembre dernier. Le rôle de l’AFD dans le monde aujourd’hui ?

Depuis sa fondation, il y a 80 ans, par le Général de Gaulle le 2 décembre 1941, l’Agence française de Développement (AFD) a conservé son esprit d’humanisme au service de la lutte contre les inégalités dans le monde et les dérèglements environnementaux. Elle accompagne, au plus près du terrain, des actions solidaires partout dans le monde, pour et avec les autres. Forte de cette expérience et de la conviction que, dans « un monde en commun », les sociétés se découvrent et se transforment en s’inspirant les unes des autres, l’AFD a su évoluer.
L’urgence du temps présent appelle à établir collectivement une nouvelle coopération, fondée sur l’écoute, l’engagement et l’entraide. Au fil des années, l’AFD est devenue un groupe (avec PROPARCO depuis 1977 et Expertise France depuis 2022) ; celui-ci met en œuvre la politique de la France en matière de développement et de solidarité internationale et est implanté dans 115 pays.
Du côté des populations, il tente de répondre au mieux aux défis sociétaux d’aujourd’hui et de demain. Il finance, accompagne et accélère les transitions vers un monde plus juste et durable sur des enjeux tels que la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité, le maintien de la paix et de la stabilité, l’amélioration des systèmes sanitaires et d’éducation, la bonne gouvernance, ou encore en faveur du genre et afin de promouvoir la culture…

L’AFD a une longue histoire de coopération avec Maurice. Comment se présente ce partenariat entre l’AFD et Maurice ?

Depuis l’ouverture de l’Agence de Port-Louis en 1975, l’AFD soutient et accompagne le développement de la République de Maurice. C’est en 2006, à la demande des autorités mauriciennes, que l’Agence a rouvert une représentation à Port-Louis, avec l’objectif d’accompagner le pays dans son programme de transition économique, programme consécutif à la fin des accords de préférence commerciale (démantèlement de l’Arrangement multifibres et refonte de la politique sucrière de l’Union européenne). Après avoir réussi une première phase de diversification de son économie, Maurice doit aujourd’hui trouver de nouveaux ressorts de croissance qui rendent son économie plus robuste – dans un contexte de mondialisation accrue -, plus soutenable, alors que le pays dispose de ressources naturelles limitées, et plus résilientes du fait même des impacts que générera le changement climatique.
Aussi, à l’échelle nationale, l’AFD intervient en soutenant les filières durables de l’économie bleue, verte et circulaire et en accompagnant la transition juste. Elle accompagne ainsi les banques locales afin de soutenir des projets d’investissements durables à travers l’octroi de lignes de crédit vertes dans le cadre du programme SUNREF (Sustainable Use of Natural Resources and Energy Finance). L’agence a également mis à disposition des autorités mauriciennes la Facilité Adapt’Action pour les appuyer dans la révision de leur Contribution Déterminée Nationalement et, de manière plus globale, les accompagner dans leur trajectoire de résilience. Elle vient enfin de mettre à disposition la facilité 2050 qui va permettre de scénariser le développement long terme de quatre secteurs (énergie, transport, tourisme, agriculture) dans l’hypothèse d’une neutralité carbone à l’horizon 2050.

L’action de l’AFD s’étend également à la coopération régionale…

Elle accompagne effectivement les organisations régionales dont Maurice est membre comme la COI, l’IORA et Cap Business Océan Indien pour la préservation des biens publics mondiaux tels que la santé, la paix et la stabilité, la lutte contre le changement climatique et la biodiversité. Ce partenariat établi entre Maurice et l’AFD permet de renforcer la coopération régionale entre les îles sœurs, à travers des partenaires stratégiques tels que l’ADEME ou l’Observatoire de l’Eau de La-Réunion, et plus largement de valoriser l’expertise française dans des domaines ciblés (Université de Limoges, BRGM).
La coopération régionale est importante pour Maurice. La France a choisi d’entrer dans l’Union européenne. Les États-Unis comprennent une cinquantaine d’États, l’Inde est une confédération, le Nigéria aussi. Maurice seule, tout comme la France, ne peut pas résister aux défis du monde. Maurice doit s’inscrire dans son bassin indianocéanique avec les îles de l’océan Indien mais aussi avec l’Afrique du Sud, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda. Grâce à l’alliance des synergies avec les autres pays, Maurice peut développer sa résilience, son autonomie par rapport à des contraintes extérieures.

Quels sont les grands axes de coopération ?

L’Agence se positionne comme un partenaire privilégié qui, au-delà de l’apport de financements, peut mobiliser des expertises et un savoir-faire pour répondre aux enjeux de renforcement des capacités, de formation et d’accompagnement du changement. Les opérations de financement sont ainsi souvent couplées avec des composantes d’appuis (planification, mise en œuvre), tant pour les acteurs publics que privés.
Comme indiqué précédemment, l’AFD intervient en soutenant les filières durables de l’économie bleue, verte et circulaire et en accompagnant la transition juste. Dans un contexte de crise sanitaire mondiale, les autorités mauriciennes ont dû revoir leurs priorités, de même que les bailleurs de fonds ont dû adapter leurs modalités d’intervention pour répondre aux besoins des pays bénéficiaires à court et moyen termes sur les plans sanitaire, économique, environnemental et social. Pour faire face aux besoins de liquidités du gouvernement mauricien dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, un prêt de contingence de 300 M€ a été accordé par l’AFD en 2020. Ce prêt visait un double objectif
mieux répondre aux besoins du Gouvernement de la République de Maurice face aux urgences sanitaires, économiques, sociales et fiscales causées par la pandémie de la Covid-19, renforcer durablement les capacités des Autorités mauriciennes dans le domaine de la gestion des risques de catastrophes naturelles et sanitaires et de l’adaptation au changement climatique.

Par ailleurs, l’AFD continue, plus que jamais, à appuyer le gouvernement mauricien dans sa transition bas carbone et résiliente à travers des appuis en prêts et en dons, ainsi que les organisations régionales basées à Maurice.

Vous êtes à Maurice depuis 2018, s’il fallait faire un bilan de l’action de l’AFD durant votre mandat que diriez-vous ?

Depuis mon arrivée à Maurice en 2018, j’ai pu constater les nombreuses avancées réalisées par les autorités mauriciennes, avec notamment le soutien de l’AFD. Maurice a été l’un des premiers États à ratifier l’Accord de Paris sur le climat en 2016 et est en train de revoir ses objectifs en termes de contributions nationales déterminées, avec l’accompagnement de l’AFD. L’AFD accompagne également le pays dans sa transition énergétique à Maurice et à Rodrigues et soutient la Renewable Energy Roadmap 2030 avec un objectif de 60% d’ENR dans le mix énergétique et l’arrêt du charbon à horizon 2030.
Par ailleurs, l’AFD a appuyé le ministère de l’Environnement, de la gestion des déchets et du changement climatique dans l’élaboration d’une stratégie nationale en matière de gestion des déchets solides et pour la création d’un observatoire de l’Environnement. Comme indiqué à l’instant, pour faire face aux besoins de liquidités du Gouvernement de la République de Maurice dans le contexte de la pandémie de Covid-19, un prêt de contingence de 300 millions d’euros a été accordé par l’AFD en 2020. Ce qui constitue un record.
Ce prêt a, par ailleurs, été octroyé dans des délais très courts afin de faire face à l’urgence de la situation.  Grâce à ce financement et à l’assistance technique associée, l’AFD soutient le gouvernement mauricien à court et moyen termes pour mieux se confronter aux urgences sanitaires, économiques, sociales et climatiques causées par la pandémie de Covid-19, aux risques de catastrophes naturelles et sanitaires et au changement climatique. Je constate aussi les nombreux défis restants à relever, notamment en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation de la biodiversité.  On peut faire encore plus. L’AFD se tient à la disposition des autorités mauriciennes et rodriguaises pour appuyer ces transitions.

Souhaitez-vous financer d’autres projets?

Oui, dans le cadre de l’accompagnement au changement. La lutte contre le changement climatique se fait à trois niveaux: au niveau des politiques publiques, au niveau des entreprises, des municipalités et des banques, au niveau des citoyennes et des citoyens. On peut financer encore plein de choses, de belles opérations avec Maurice au niveau des politiques publiques, des entreprises et des citoyens.

L’AFD a été associée à l’émergence de l’idée de développement durable à Maurice. Pouvez-vous nous en parler ?

L’initiative Maurice Ile Durable a été lancée en 2008. En 2009 une aide-programme environnement de l’AFD en faveur de l’État mauricien a été approuvée. Cette aide-programme environnement (APE) avait pour objectif principal d’internaliser les problématiques environnementales au sein du plan de transition économique mauricien. L’enjeu était donc double :
renforcer la dynamique interministérielle enclenchée avec le projet Maurice, Ile Durable (MID), annoncé en 2008, et appuyer l’élaboration de politiques publiques et de choix d’investissements.

La démarche reposait sur trois piliers : une aide budgétaire sectorielle non ciblée liée à l’élaboration d’une feuille de route récapitulant les objectifs et activités du gouvernement en faveur de l’environnement sur la période considérée, le financement d’un appui au dispositif d’animation et de suivi interministériel, et des missions d’appuis techniques sur des sujets prioritaires. C’est également depuis 2009, aux côtés des banques mauriciennes, que le programme SUNREF a été lancé. Plus de 470 projets bas-carbone ont été financés à l’île Maurice dans une grande variété de secteurs (Centrales photovoltaïques, unités de valorisation énergétique des résidus de canne à sucre, amélioration des performances énergétiques d’hôtels et de centres commerciaux, toitures solaires chez des particuliers), et ont permis l’économie de plus de 234 000 tonnes équivalentes (teq) CO2 par an et la création de 15 mégawatts de capacité de production d’énergies renouvelables.

Parlez-nous de l’action de l’AFD quant au changement climatique?

Pour l’AFD, la lutte contre le changement climatique est indissociablement liée aux trajectoires et politiques de développement des pays. C’est pourquoi elle a choisi comme premier pilier de sa stratégie de groupe d’être une agence « 100% compatible avec l’Accord de Paris sur le climat ». Cela signifie qu’elle s’engage à suivre les principes d’atténuation et d’adaptation aux effets du changement climatique dans toutes ses actions, ou en d’autres termes, à rechercher systématiquement à ce que les projets qu’elle finance contribuent aux stratégies et trajectoires de développement bas carbone et résilient des pays d’intervention conformément aux engagements pris lors de la COP 21.

L’AFD apporte son concours au gouvernement sur plusieurs secteurs clés pour lutter contre le changement climatique et contribuer à un modèle de société plus résilient, tels que la lutte contre les inondations, à travers le soutien à l’élaboration d’un Land Drainage Master Plan, l’atteinte des objectifs fixés lors de la COP 21 à travers la révision des contributions déterminées au niveau national, ou encore l’aide à l’élaboration de stratégies long terme à l’horizon 2050 dans le cadre d’une hypothèse de neutralité carbone sur quatre secteurs essentiels de l’économie mauricienne : l’énergie et les transports (pour les secteurs émissifs), l’agriculture et le tourisme (pour les secteurs vulnérables aux effets du changement climatique).

L’AFD accompagne également les autorités dans la prévention des risques de catastrophes naturelles à travers le soutien à l’élaboration de la stratégie nationale sur la gestion du risque de catastrophes naturelles et l’élaboration de six études de vulnérabilités dans une approche Ridge to reef. L’AFD se tient également à la disposition des autorités rodriguaises pour accompagner Rodrigues à devenir la 1re île 100 % écologique.

Comment l’AFD a-t-elle aidé Maurice à traverser la crise sanitaire ?

Depuis le début de la crise liée à la COVID-19, l’AFD s’est mobilisée afin d’accompagner les pays dans lesquels elle intervient à faire face à l’urgence sanitaire et aux impacts de la crise. Différentes initiatives ont été engagées telles que Santé en commun afin d’aider les pays les plus vulnérables à faire face aux impacts sanitaires, sociaux et économiques de la crise.
En plus de l’opération de financement exceptionnelle de 300 millions d’euros, l’AFD est intervenue avec l’Union européenne à travers un projet de veille sanitaire (RSIE) auprès de la COI, visant à étendre le dispositif de veille sanitaire aux risques liés aux impacts du changement climatique et de le doubler d’un dispositif régional commun de réponse aux crises. Sa finalité est d’améliorer la santé des populations des États membres de la COI par le renforcement de la sécurité sanitaire régionale.
L’AFD ne travaille pas uniquement avec le gouvernement mais également avec le secteur privé.

Pouvez-vous nous en parler ?

Le programme SUNREF, en ciblant, via les banques de la place, les investissements du secteur privé mauricien dans des technologies d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, s’inscrit dans l’approche plus globale de lutte contre le changement climatique du groupe AFD. Elle s’appuie pour cela sur un partenariat avec Business Mauritius. Par ailleurs, à travers sa filiale PROPARCO, dédiée au secteur privé, le groupe peut intervenir en appui au secteur bancaire (lignes de crédit à plusieurs banques de la place), à des fonds d’investissement (ADENIA), ou à certains groupes mauriciens (actionnaire du groupe CIEL, entrée récente au capital de MUA pour 10 millions de dollars américains).

Comment l’agression de la Russie contre l’Ukraine a-t-elle impacté la politique de l’AFD ?

Depuis le début du conflit en Ukraine le 24 février dernier, l’AFD a instruit en urgence un financement budgétaire de consolidation macro-budgétaire à l’Ukraine de 300 millions d’euros pour répondre à ses besoins de financement immédiats. Celui-ci permettra de soutenir l’État ukrainien dans le maintien de ses services publics essentiels et dans le rétablissement des principaux équilibres macroéconomiques, alors que la situation humanitaire, financière et économique du pays s’est fortement dégradée depuis le début du conflit. Un appui budgétaire à hauteur de 15 millions d’euros a également été accordé aux autorités moldaves.

L’AFD a par ailleurs accéléré la préparation d’un prêt de politique publique de 60 millions d’euros avec la Banque mondiale dans les domaines de l’énergie et du secteur ferroviaire afin de renforcer la connectivité et la sécurité énergétique du pays. En outre, déjà éprouvées par les conséquences de la crise liée au Covid-19 et le dérèglement climatique, les populations africaines sont particulièrement exposées aux conséquences du conflit russo-ukrainien, du fait de leur dépendance à l’import de matières premières agricoles. L’AFD, plus que jamais, accompagne les populations les plus vulnérables dans toutes ses géographies d’intervention pour faire face à cette crise.

Avez-vous eu l’occasion de suivre le discours du budget du ministre des Finances cette semaine?

La présentation par le ministre des Finances du budget 2022-2023 accorde une large place au renforcement de la protection sociale au sens large, c’est-à-dire l’assurance maladie, le chômage, la valorisation prise en considération des handicaps, les retraites. Il tient aussi compte de l’énergie renouvelable et de la sécurité alimentaire.  L’AFD se tient à la disposition des autorités pour les accompagner et les appuyer à mettre en place des mesures structurantes et inclusives.

Par ailleurs, le ministère de l’Environnement a également affiché des ambitions fortes en matière de transition vers un modèle d’économie circulaire avec la tenue d’une conférence nationale sur cette thématique du 25 au 27 mai, associant les secteurs les plus concernés tels que la construction, l’énergie, les déchets ou encore l’agriculture, mobilisant plusieurs ministères dont celui des finances, la société civile ; cette conférence doit permettre d’élaborer une stratégie en matière d’économie circulaire et une feuille de route d’ici 2023. L’AFD souhaite accompagner à sa demande le ministère des Finances dans l’amélioration de la planification économique et se tient à la disposition des autorités pour les appuyer dans la mobilisation de financements pour couvrir les besoins en matière d’investissements stratégiques et résilients pour Maurice et Rodrigues.

Vous partez prochainement à la retraite. Quel souvenir gardez-vous de votre passage à l’AFD et de vos projets d’avenir ?

J’ai eu une carrière très riche. J’ai beaucoup voyagé en Afrique et en Asie du Sud-est. L’AFD est un groupe très inspirant, très engagé, fidèle à ses valeurs d’humanisme, de lutte contre les inégalités que ce soit entre les hommes et les femmes, les riches et les pauvres. C’est une institution qui m’a permis au quotidien de m’épanouir et d’être heureux de travailler au bénéfice des autres.

Vous avez été en poste à Maurice pendant quatre ans. Quelle est votre appréciation du pays?

J’ai beaucoup apprécié Maurice qui est assez compliquée institutionnellement . Elle représente des défis importants de ressources naturelles contraintes, de vulnérabilité au changement climatique. C’est un pays qui est riche de sa multi-culturalité, de cette passerelle entre l’Asie et l’Afrique. C’est un des rares pays au monde qui soient trilingue complètement avec le francais, l’anglais et le créole. Il est ouvert vers l’extérieur tout en se concentrant sur ses valeurs propres. À titre individuel, les Mauriciens sont des personnes très fines, très cultivées et très généreuses et conviviales.

Comment voyez-vous l’avenir de la coopération entre l’AFD et Maurice ?

L’action de l’AFD s’inscrit dans la durée. De par les nombreux programmes de collaboration cités et les différentes actions engagées sur des enjeux clés comme la préservation de la biodiversité, l’amélioration des systèmes de santé ou encore la lutte contre le changement climatique, et face aux nombreux défis restants à relever pour Maurice, je ne doute pas que l’AFD et Maurice auront encore de belles perspectives de collaboration dans les années à venir.

Que comptez-vous faire après dans le cadre de votre retraite?

Me concentrer sur l’essentiel : ma famille, mon épouse, mes trois enfants, mes deux petits-enfants mauriciens, mes amis.
Comme Voltaire, je souhaite continuer à cultiver notre jardin…

 

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