La première partie de la session parlementaire avant les vacances a pris fin la semaine dernière dans la confusion. La remarque du Speaker à l’encontre de Rajesh Bhagwan a laissé un goût amer à la bouche de tous les observateurs mauriciens, bien que ce dernier ait ses qualités et ses défauts, sans être un ange politique. À cela s’est ajoutée la longue suspension de chef de file du Ptr, qui continue d’alerter l’opinion publique sur les abus d’autorité du Speaker de l’Assemblée nationale, avec le soutien du Premier ministre.

D’anciens parlementaires, de tous bords politiques, lui ont apporté leur soutien et veulent alerter les institutions internationales, considérant que la démocratie parlementaire est bafouée et sérieusement menacée. Arvin Boolell s’en est remis cette semaine au président de la République, Pradeep Roopun, qui a promis que ses récriminations suivront leur cours. Il aurait laissé entendre que le fait même d’avoir reçu les parlementaires travaillistes officiellement à la State House était significatif.

C’est toutefois l’affaire Angus Road qui devait dominer l’actualité cette semaine, prenant la forme d’une confrontation directe entre Pravind Jugnauth et Roshi Bhadain. Le Premier ministre, qui s’était contenté de limiter ses déclarations officielles à la MBC et au GIS depuis le début de la deuxième vague du Covid, en mars dernier, est sorti de ses gonds en marge de l’inauguration du Hillcrest fly-over, pour annoncer son intention de poursuivre en diffamation le leader du Reform Party pour attaque contre son intégrité et sa personne. « Je donne rendez-vous à Roshi Bhadain en cour après les insultes et les mensonges formulés contre moi », devait lancer le Premier ministre, qui estime « étrange » que cette affaire ait refait surface dans le sillage de la publication du rapport de l’ex-juge Domah sur l’affaire Britam.

Visiblement, ce sera le feuilleton qui animera les vacances parlementaires. Alors que l’ancien ministre des Services financiers du gouvernement de feu sir Anerood Jugnauth continue de hausser les enchères, et bénéficie en cela du soutien des partis de l’opposition, un doute commence à s’installer dans le public quant à savoir si on connaîtra le fin mot de cette histoire et si l’on saura quelles sont les personnes impliquées. Soit le Premier ministre décide d’éclaircir une fois pour toutes cette affaire, soit il porte l’affaire en cour au plus vite pour que les choses soient claires, et mettre fin ainsi à une situation malsaine.

Les résultats des examens du School Certificate jeudi ont été l’autre sujet qui aura retenu le plus d’attention cette semaine. Il semblerait que les résultats aient été bien meilleurs cette année que les années précédentes. Le nombre d’élèves ayant obtenu des crédits dans six sujets a augmenté, pour le plus grand bonheur de leurs parents. Il faut reconnaître que les examens du SC et du HSC se sont déroulés dans des conditions difficiles, alors que le pays était confiné et que le Covid battait son plein. On ne devrait pas trouver à y redire si Cambridge a appliqué dans certains cas des considérations spéciales. Les débats sur l’insistance du ministère d’exiger cinq Credits afin de permettre aux élèves d’accéder au HSC continuent. Heureusement que le ministère de l’Éducation est en tout cas revenu sur sa décision quant à l’admission de l’âge d’entrée en Grade 12 à 19 ans. Cette décision aurait affecté injustement de nombreux élèves déjà pénalisés par le Covid. Ceux qui ne pourront poursuivre leurs études académiques se retrouveront désormais sur le marché impitoyable du travail où, comme l’a souligné le président de la Jeunesse Militante, Drish Baboolall, la situation est alarmante, pour les jeunes en particulier.

L’emploi des jeunes est sans doute un des principaux défis auquel est confronté le gouvernement, qui se doit de s’occuper de ceux qui réussissent leurs études, mais surtout des recalés. On estime à 12 000 le nombre d’élèves n’ayant pas réussi aux examens du SC cette année. Sans savoir ce que l’avenir leur réserve…