GÉRARD BAUNGALÉA

Gouvernement et opposition sont unanimes et encouragent la population à se faire vacciner, même si le fameux Consent Form a fait et fait toujours polémique dans certains milieux. En même temps, le comité de la Santé a annoncé que la vaccination « n’est pas obligatoire ». Personne n’est contre la vaccination, moi compris. Je crois que ceux et celles qui communiquent avec la population doivent bien mesurer leurs paroles parce que leurs propos commencent à diviser le peuple. En les écoutant, on a l’impression que ceux et celles qui se sont fait vacciner sont des héros et que les autres, qui ont choisi de ne pas le faire ou hésitent encore, sont antipatriotes, voire les futurs coupables de la propagation.

À la radio, on entend qu’il y a des menaces de licenciement, des refus d’accès aux lieux de travail, des coupures de salaires, et j’en passe. Voilà que la pratique du ‘divide and rule’ dépasse les frontières de la politique. Les différentes informations diffusées à travers le monde via les médias et réseaux sociaux, concernant les graves effets secondaires, ont certes créé pas mal de doutes chez diverses personnes, mais faut-il les blâmer pour autant ?

Vous avez choisi de vous faire vacciner, c’est très bien. Vous avez choisi de publier vos photos avec les logos ‘vaccinated’, c’est votre choix. Est-ce pour encourager les autres, est-ce pour vous vanter comme si vous avez décroché une médaille d’or avec votre petite carte comme un brevet, je vous laisse à votre conscience. Pour moi, ce n’est pas une prouesse, mais plutôt un choix de se protéger et c’est tant mieux.

Mais ce choix de nous faire vacciner, nous donne-t-il le droit de juger, de dénigrer, de traiter de « négatifs », d’intimider ou, dans certains cas, menacer ceux et celles qui ont choisi de ne pas le faire ou ceux qui hésitent encore ? Nous sommes dans un pays démocratique et le gouvernement a clairement fait comprendre que la vaccination est « une mesure nécessaire, mais pas obligatoire ». Je pense qu’il a de bonnes raisons pour cela.

Être vacciné d’une première dose et plus tard de la deuxième, ne nous garantit pas que nous ne serons pas contaminés. Selon le ministre de tutelle, les doses ne commenceront à être une mesure de protection qu’à partir de six à huit semaines après la deuxième dose et, toujours selon ses dires, ces doses ne nous protégeront que pendant huit mois, mais peut être “extended but only God knows”. Donc, nous ne sommes pas tirés d’affaire pour autant, puisqu’il vient nous dire qu’il nous faut apprendre à vivre avec le virus, vaccinés ou non.

Nous devons apprendre à respecter le choix de chacun et encourager les indécis au lieu de les insulter. Cessons nos insultes, nos calomnies et surtout nos menaces, car je ne vois personne jeter dehors un membre de sa famille qui refuse de se faire vacciner.

Pour conclure, que notre foi religieuse nous donne le bon sens du discernement, de nous unir au lieu de nous diviser, et continuons à prier pour notre pays, nos malades et que Dieu nous protège tous.